Deux thèmes se détachent de la tragédie de Shakespeare dont le film de Mankiewicz est l'adaptation. Le premier, dans la séquence la plus spectaculaire, exprime la versatilité du peuple. Massée au pied du Capitole, où Jules César, vient d'être assassiné, la foule, d'abord indécise, encense Brutus son assassin avant que de faire sienne la colère vengeresse de Marc-Antoine, l'ami de César. Pouvoir de l'éloquence du tribun sur les masses, dangereux pouvoir de manipulation comme il est démontré dans cette œuvre dramatique qui est aussi une réflexion politique.
La mégalomanie grandissante de César inquiète les démocrates Pour autant, doit-on l'éliminer ? Dilemme dont la résolution entraine Brutus dans les affres de la culpabilité -c'est le second thème majeur du film- autant parce qu'il a tué son père que parce que son crime en faveur d'une Rome démocratique contient en lui ses propres contradictions.
James Mason et Marlon Brando, respectivement Brutus et Marc Antoine (et Mason a sans doute la plus grande part) se partagent la vedette dans ce film de forme théâtrale (deux décors: le Capitole puis les abords d'un champ de bataille) qui, néanmoins, m'a semblé manquer souvent d'intensité dramatique, comme les personnages d'un réel charisme, en dépit de leur brillante interprétation.