6
le 21 avr. 2015
SuivreJe t'aime, moi non plus
Jules et Jim, Jim et Jules, Jules et Catherine, Jim et Catherine, Catherine et Albert, Catherine et les autres, Catherine, Jules et Sabine, Jim et Gilberte... Ca en fait du monde tout ça! De quoi...
François Truffaut est un des meilleurs cinéastes que le cinéma français du 20ème siècle ait eu, et une des plus grandes personnalités. On en avait déjà un aperçu avec son "400 coups", mais c'est avec Jules et Jim qu'on voit toute l'étendue de son audace et de sa richesse langagière. Pour moi, la principale caractéristique de ce film, c'est son ton très littéraire. Les dialogues sont extrêmement écrits et précieux. Un atout ou un défaut ? Cela dépend. Énoncés par cette voix-off qui n'est pas expressive du tout, ils sont poétiques; dans la bouche de Jeanne Moreau ça touche au divin. Mais pour Jules et Jim, ça colle pas. Ni aux interprétations du duo, ni aux personnages eux-mêmes. Venons-en aux personnages, parce que ce sont eux qui doivent porter le film. Bien sûr, la fameuse Catherine. Jean Renoir enviait beaucoup Truffaut d'avoir réussi à "choper" son rire dans une séquence inoubliable où il fait un arrêt sur l'image avec son rire cristallin. Jeanne Moreau est magsitrale, à la fois surréaliste et crédible; On ne se dit pas que c'est exagéré, on se dit: c'est Catherine. Un personnage littéraire qui s'immisce dans le monde plus "logique" du cinéma. Les dialogues deviennent culte dans sa bouche: Voilà, tu es mon Jim, je suis ta Catherine. Tu avais tes affaires, moi aussi j'avais mes affaires. Tu as dis adieu à tes amours, moi aussi j'ai dis adieu à mes amours... Quel dommage alors que le duo principal fasse pâle figure face à elle ! Jules et Jim ne sont pas aussi attachants qu'ils devraient l'être, et du coup ils paraissent plus artificiels qu'autre chose. Ils ne sont pas de trop non plus, simplement ils sont trop théâtralisés pour susciter de l'empathie, les deux acteurs ne parvenant pas à transposer leur personnage littéraire à l'écran. L'histoire en elle-même est très belle également. La partie sur la guerre, où les deux amis ont peur de tirer l'un sur l'autre, m'a particulièrement émeu. Ballot que Truffaut n'aille pas assez loin dans le triangle amoureux. Je sais, c'est très facile de dire ça, pour l'époque c'était une méga-bombe... Je trouve la balance déséquilibrée: Jim parait plus aimé que Jules, d'ailleurs il a droit à plus de scènes amoureuses que lui ! Avec une meilleure alternance, j'aurais mieux senti le tour de passe-passe qu'ils ont joués. La chanson "le tourbillon de la vie" est magnifique, tout comme le reste de la musique du film d'ailleurs, et la mise en scène (forcément très littéraire aussi) est élégante.
On voit ce film comme on lit un livre, en somme. Mission atteinte, on peut dire.
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs films des années 1960
Créée
le 18 mai 2017
Critique lue 493 fois
6
le 21 avr. 2015
SuivreJules et Jim, Jim et Jules, Jules et Catherine, Jim et Catherine, Catherine et Albert, Catherine et les autres, Catherine, Jules et Sabine, Jim et Gilberte... Ca en fait du monde tout ça! De quoi...
8
le 5 juin 2014
Suivrele 31 mars 2013
Jules est allemand et Jim est français. Ces deux copains inséparables malgré leurs caractères et leurs façons différentes de voir la vie vivent chichement leur passion d'artistes dans le Paris de...
3
le 11 janv. 2012
SuivreJe ne connais que très peu l'œuvre de François Truffaut et si les 400 coups m'a véritablement emballé, l'homme qui aimait les femmes a été un grande déception. Et quand tout le monde m'a parlé de...
10
le 21 juin 2016
SuivreMon film préféré. La plus grosse claque artistique de ma vie. Une influence dans ma vie. Un éternel compagnon de route. Le cinéma à l'état pur et au summum. Oui, vraiment ma Bible à moi. Je connais...
10
le 15 mars 2017
SuivreLe Manifeste... Projet débuté par un court-métrage majestueux, accentué de poèmes en prose envoyés par satellite, entretenant le mystère, son but semble vraiment de dire: prenons notre temps pour...
1
le 10 sept. 2020
SuivreSur la vignette, comme pour un prank, on trouve une phrase communément adjectivée "putaclic", et toujours prévisible à l'avance : une comédie française qu'on s'est forcé à aller voir parce qu'on sait...