Tout commence par une rencontre, un coup de foudre immédiat entre Julian et Fleur... Mais pas seulement : un autre lien se crée, plus discret, mais essentiel : celui qui se tisse avec le spectateur, immédiatement touché par l’intensité et la justesse des sentiments qui traversent ce couple.
Tout en retenue, le film choisit l’économie de mots et de personnages, préférant le langage des regards. Le gros plan devient alors central, jusqu’à nous plonger littéralement dans les yeux de Fleur, magnifiquement interprétée par la talentueuse Nina Meurisse.
Mais c’est aussi là que le film bascule. Aussi universel et important que soit son message, sa forme déconstruite vient parfois en fragiliser la portée. Le montage, alternant temporalités et points de vue, tantôt internes, tantôt omniscients, fragmente le récit, trouble nos émotions et affaiblit la force du duo. De fait, le personnage de Julian perd en lisibilité psychologique, comme un être opaque, difficile à cerner, un peu à distance face à l’abandon total de sa compagne.
JULIAN demeure pourtant un film auquel il est difficile de rester insensible, même si son déséquilibre laisse l’impression d’un puzzle auquel il manquerait quelques pièces.