C'est l'histoire du couple qu'elle formait avec Julian que Fleur Pierets racontait dans un livre autobiographique paru en 2019. La jeune réalisatrice flamande Cato Kusters a décidé de l'adapter en lui laissant son aspect de patchwork, comme une suite de réminiscences de la mémoire, autour du projet fou de ces deux femmes amoureuses de se marier partout où la loi acceptait l'union de deux personnes du même sexe (22 pays à l'époque, 39 aujourd'hui). Le montage du film semble un temps desservir son propos, mais l'on découvrira, au fur et à mesure, que c'est aussi une question de dignité, car l'histoire prend une direction inattendue et dramatique, dont il est difficile de parler, si l'on tient absolument à découvrir son évolution, en ne sachant presque rien de ses tenants et surtout de ses aboutissants. Le dénouement est certes connu, quand on a lu l'ouvrage de Fleur Pierets ou au détour d'une critique qui ne fait pas mystère du sujet de Julian, dans son entièreté. Quoi qu'il en soit, la dernière partie du long métrage se révèle bouleversante et rehausse le côté passionnel de cet amour, au-delà même de son geste militant. Dans les rôles principaux, au côté de l'excellente Laurence Roothoft, on n'est pas près d'oublier l'interprétation vibrante de Nina Meurisse.