Premier long-métrage pour le Belge Leonardo Van Dijl, qui a choisi d'aborder le harcèlement dans le milieu sportif. Mais avec une approche assez originale...
Car on ne verra que très peu l'entraîneur de tennis accusé de comportements inadaptés. On entendra sa voix au téléphone, il y aura une scène de rencontre, et c'est à peu près tout. "Julie zwigt" préfère se centrer sur Julie, joueuse très proche de l'entraîneur, mise constamment sous pression.
Pression de passer des épreuves sportives de haut niveau, tout en maintenant le cap dans le scolaire. Pression de tout son entourage amical, sportif et scolaire, qui se veut à l'écoute et bienveillant, mais qui rajoutent finalement de la contrainte, en tentant de comprendre la vraie nature de sa relation avec l'entraîneur. Alors que tout ce que Julie souhaite, c'est passer ses épreuves avec l'entraîneur qui la met sur un piédestal, et être la moins perturbée possible.
C'est sûr, le film ne plaira pas à tous. Le rythme est très lent, les silences sont réguliers. La mise en scène est sobre, se focalisant 90% du temps sur Julie, face aux autres (et à la pression), souvent en limite de champs ou de focus.
Heureusement, Leonardo Van Dijl peut compter sur Tessa Van den Broeck, débutante au cinéma (mais pas au tennis !), qui livre une prestation bilingue prenante. La jeune fille fait régulièrement passer ses émotions par ses postures, ses tics de visages, ou sa respiration. Ne serait-ce que lors d'une scène où son entraîneur essaie de l'appeler !
Tandis que le scénario élabore bien la relation ambigu avec l'entraîneur, dont la toxicité se cache derrière quelques réflexions ou comportements marqués de Julie.
Un beau premier long-métrage, sur un sujet pas évident.