Quel plaisir de voir revenir Pixar avec un film original, même si le studio a toujours, jusque-là, privilégié les films originaux ou les suites de qualité ! Mais bref, ici le studio revient avec un des thèmes qui obsède notre époque : l'écologie.
Pour empêcher la construction d'une rocade qui détruirait une partie de l'écosystème local, une jeune militante se glisse dans la peau d'un castor robot (le contexte serait long à expliquer mais ça a du sens). Elle se rend alors compte que les animaux évoluent dans une société organisée suivant des règles bien précises. Oui, oui, ça ressemble beaucoup à "Avatar", même le film en a conscience et s'en amuse avec. Le film peut également rappeler "Le Robot sauvage" dans la thématique même si on n'est quand même pas tout à fait dans le même délire.
Bref, je dois avouer que j'ai mis un peu de temps à accrocher, trouvant les gags peu drôles et surtout très enfantins, comme l'imitation du bruit que font les enceintes posées par les humains par trente-six animaux, bon, ça n'a fait rire que les moins de dix ans dans la salle. D'autant plus déçu que Pixar, contrairement à Disney, produit des films qui s'adressent autant aux enfants qu'aux adultes, souvent au travers de sous-textes à peine voilés. Et il ne faudra finalement pas attendre longtemps avant de retrouver cet aspect, si bien que j'ai même quelques-fois trouvé le film relativement glauque
(par exemple la scène avec le corps humain robot qui se balade à quatre pattes, c'est quand même assez badant ! )
Mais dans le bon sens, c'est-à-dire que ce n'est évidemment pas un film d'horreur mais il en reprend suffisamment de codes pour construire des scènes, quelques-fois assez angoissantes, que l'humour viendra évidemment désamorcer, mais pas lourdement.
Et puis le film ne prend pas les enfants pour des débiles, il explique clairement les lois de la nature avec des animaux qui doivent en manger d'autres et même si ça parait contradictoire avec "les lois du marais", et beh c'est comme ça. Et c'est une fois cette base posée que le film se permet de surprendre son spectateur ;
je pense par exemple à la scène avec le papillon, c'est drôle tout en étant étrangement déstabilisant.
Et puis le film n'est pas non plus si manichéen car même s'il oppose le cliché de l'écolo militante avec le promoteur bien capitaliste ;
la fin n'est pas aussi simple ni limpide que ça : les deux devront faire des compromis.
Parce-que, comme dans la nature, la vie est faite de contradictions, d'incohérences de compromis et "Jumpers" le résume parfaitement en une heure et demi.