Junk World
6.7
Junk World

Long-métrage d'animation de Takahide Hori (2025)

C'est mieux quand ça moufte pas, finalement

Ma déception est à la hauteur de mon admiration pour les artisans qui ont conçu le film.


A sa sortie, j'avais adoré Junk Head. L'ambiance qui se dégageait de ce premier long métrage n'avait que peu d'égal. Dans des décors à couper le souffle, on suivait les déambulations d'un robot dans un univers souterrain absolument merveilleusement dégueulasse. Impossible de décrocher de cette virée dans les enfers tant tout révélait du travail d'orfèvre. Le véritable tour de force résidait dans le silence qu'offrait le film. A coups de bruitages ou de borborygmes, l'histoire se déroulait de manière fluide, emportant avec elle le spectateur fasciné par cet univers sans parole mais tellement éloquent.


Mais trêves de doux souvenirs, qu'en est-il de cette suite-préquelle ?

Il y a un point sur lequel tout le monde s'accordera : comme son prédécesseur, Junk World est magnifique. L'animation est superbe, les décors sont à couper le souffle, les designs sont bien crades et inventifs comme il faut. Et d'ailleurs, tout ce travail est joliment mis en valeur pendant la meilleure partie du film : son générique de fin.


Ensuite, c'est là que ça se corse. Loin de la simplicité et de la subtilité du premier opus, ce second volet est bavard. Foutrement bavard. Horriblement bavard. Au point que ça en devienne horripilant. Les personnages n'ont de cesse de causer. Tantôt pour rien dire. Tantôt pour raconter une histoire qui se déroule pourtant sous nos yeux. Dès la première minute, ça commence mal : le film débute avec un long monopole puis une exposition barbante de l'intrigue et des enjeux. Enjeux répétés à foison mais définitivement incompréhensible. Il est question d'accélérateur de particules, de physique bidon, de guerre pas claire,... Bref, ça peut se résumer à "les perso doivent se rendre à un point P" et basta !

Le film est lent et peine à provoquer de l'intérêt. Quelques scènes touchent du doigt la maestria de Junk Head mais elles sont rares et laissent souvent place à une construction digne d'un jeu vidéo, qui tue toute l'ambiance. La scène de l'entrée dans le village aurait pu (aurait dû) être géniale. Au final, elle est comparable au donjon d'un rpg avec une succession d'ennemis.

Ajoutez à cela que l'histoire se répète dans une tentative bancale de voyage dans le temps et vous obtenez un film où l'ennui s'installe lorsque l'émerveillement pour l'animation s'estompe.

Des scènes qui flirtent avec le vulgaire viennent plomber le bilan. Et si, en plus, vous êtes allergiques au surjeu japonais, l'expérience peut devenir carrément désagréable.


En bref, impossible de mettre une trop mauvaise note à Junk World ; la technique justifie que l'on regarde le film. Mais quelle déception de passer de ce film tellement glauque, hyper inventif et subtile qu'était Junk Head à ce machin inintéressant, mal ficelé, bavard et trop long qu'est Junk World. Mention spéciale aux fondus au noir qui cassent toute la dynamique, vraiment pas l'idée du siècle.

PadawanLéo
4
Écrit par

Créée

le 11 mai 2026

Critique lue 155 fois

PadawanLéo

Écrit par

Critique lue 155 fois

6

D'autres avis sur Junk World

Junk World

Junk World

6

boulingrin87

366 critiques

Les dîners de l'ambassadeur

Il y a douze ans, un nerd japonais passionné d'animation du nom de Takahide Hori sortait Junk Head 1, court-métrage en stop motion représentant des années de travail à animer, seul, image par image,...

le 2 avr. 2026

Junk World

Junk World

8

krapiky

3 critiques

Je n'ai pas vu Junk Head (le premier film)

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, sachant que j'y suis allée sans savoir qu'il y avait un premier film. Et je suis agréablement surprise. Pas eu besoin de voir le premier pour entrer dans...

le 30 mai 2026

Junk World

Junk World

8

lalacinema

262 critiques

Critique de Junk World par lalacinema

6e film de la compétition de Gérardmer. C’était tellement what the fuck, j’ai adoré ! Un peu long, mais ça part dans des délires fascinants, avec une technique de stop-motion un peu dégueu mais...

le 30 janv. 2026

Du même critique

Junk World

Junk World

4

PadawanLéo

40 critiques

C'est mieux quand ça moufte pas, finalement

Ma déception est à la hauteur de mon admiration pour les artisans qui ont conçu le film.A sa sortie, j'avais adoré Junk Head. L'ambiance qui se dégageait de ce premier long métrage n'avait que peu...

le 11 mai 2026

Les K d’Or

Les K d’Or

7

PadawanLéo

40 critiques

"Enfance difficile : hop, pute"

Si Les K d'Or a un gros point fort, c'est celui d'être immédiatement identifiable comme un film de Jeremy Ferrari. On y retrouve tous les sujets favoris de l'humoriste : la radicalisation, le...

le 22 févr. 2026

Mandibules

Mandibules

4

PadawanLéo

40 critiques

Mandibules ou l'histoire d'un auteur qui confond le fond et la forme (spoilers)

C'était avec une hâte non feinte que je m'étais jeté sur Le Daim dès sa sortie. Après avoir vu l'excellent Au Poste, je m'attendais, une nouvelle fois, à un film drôle, décalé, qui porte la signature...

le 23 mai 2021