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le 12 janv. 2018
SuivreFéérie du chaos
Dans la galaxie en triste expansion du blockbuster, il est recommandable de revenir de temps à autre aux fondamentaux : pour savourer, et comprendre à quel point le savoir-faire en terme de cinéma...
Je l'ai vu pour la première fois alors que j'étais, je crois, en CE2, en tout cas pas loin. Mes parents ne m'auraient jamais laissé regarder une chose pareille. C'est chez un copain de l'école que je l'avais vu. Et, contrairement à ce qu'on aurait pu attendre, le petit garçon craintif que j'étais alors, grand amateur de dinosaure, n'avait retenu que l'émerveillement.
Aujourd'hui je le revois pour la quatrième fois, et c'est toujours l'émerveillement qui prime.
Il faut dire que Spielberg a construit son film autour de cette notion.
A l'époque, c'était forcément l'enfant qui me faisait rêver. Avec son obsession pour les dinosaures, et sa capacité à ingurgiter tous les livres en parlant, forcément, je ne pouvais que m'y identifier. J'étais capable de citer plein d'espèces de dinosaures, et l'époque où ils avaient vécu. Aujourd'hui je ne pourrais pas, ou en tout cas beaucoup moins, et beaucoup moins précisément.
Aujourd'hui, j'avoue un faible pour le personnage d'Hammond, que je trouve extrêmement bien construit. Mieux que dans le livre, même, où il campe le capitaliste sans scrupules. Ici c'est un self made man, qui se rappelle de ses périodes de vaches maigres la valeur de l'argent, d'où le fait qu'il répète plusieurs fois qu'il a dépensé sans compter. Mais c'est aussi un passionné, qui veut partager ses rêves. On rejoint une fois encore la notion de l'émerveillement. Hammond ne se lasse pas de son parc, de ses dinosaures. Le profit n'entre qu'en second dans l'équation, au grand desespoir de l'avocat représentant les actionnaires.
Et même lorsque se déchaîne l'horreur, c'est encore l'émerveillement qui demeure. Grant peut se retrouver fasciné par la manière dont le T-rex mange sa proie, alors que sa survie est en jeu.
Spielberg ne se contente pas de nous montrer le Jurassik park, il nous immerge dedans comme si nous étions les touristes venus le visiter.
Et même si aujourd'hui je sais que le T-rex n'est pas un chasseur, plutôt un charognard façon poubelle géante du Crétacé, cela ne diminue pas l'intérêt que je porte à ce film.
Parce qu'il a su si bien incarner mes rêves d'enfant. Et parce qu'il continue à incarner mes rêves d'adulte.
Rien que de le revoir me donne envie d'ouvrir à nouveau un livre sur les dinosaures.
Ou de relire le livre, dans la foulée, même si je l'aime un peu moins.
Et puis, je vois à quel point Spielberg a bien construit son film, comment par exemple, les gimmicks autour du tyrannosaure en renforcent le potentiel terrifiant, comment il a construit ses personnages, ou le fait que ses effets ne vieillissent pas.
Et bien sûr, la musique.
Les suites pouvaient bien tenter de retrouver l'éclat du premier, il leur manque forcément quelque chose : la découverte émerveillée du parc.
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Créée
le 4 févr. 2026
Critique lue 94 fois
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