La certitude de notre toute-puissance

Jurassic Park n’est pas seulement un exploit technique : c’est un film sur le vertige de créer. Ici, les dinosaures importent moins que notre désir de les contempler. La célèbre apparition du brachiosaure privilégie d’abord les visages émerveillés : l’image naît du regard humain. Le cinéma devient résurrection et porte déjà ses interrogations.

Le parc, vitrine capitaliste du vivant ressuscité, reflète Hollywood lui-même : promesse d’émerveillement total, contrôle absolu, spectacle calibré. Mais chaque dispositif contient sa faille. “La vie trouve un chemin” : le vivant excède le programme. La mise en scène de la peur (attente, hors-champ, vibration d’un verre d’eau avant le T-Rex) rappelle que la terreur fait trembler plus que les effets.

Blockbuster et mise en crise du blockbuster, le film tient dans cette déchirure : nous sommes fascinés puis coupables de l’être. Spielberg nous place du côté de l’enfant qui s’émerveille et du scientifique qui doute. Derrière les rugissements, une question persiste : Et si le vrai monstre n’était pas le dinosaure mais la certitude de notre toute-puissance.

cadreum
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le 13 févr. 2026

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