C’est la rencontre improbable entre un homme, Ali, fossoyeur célibataire à Sidi Boulekbour et une femme, Joher, la soixantaine, qui vient se recueillir sur la tombe de sa sœur jumelle (
son mari, décédé depuis, l’avait empêchée d’assister aux obsèques
), dans un cimetière qui est aussi un lieu de pèlerinage. Un film grave mais réalisé avec beaucoup de sensibilité car il traite, sans pathos, ni « happy end », de la solitude (des 2 personnages et de 2 autres), du poids de la société et de la religion, aliénantes toutes deux ; la religion regarde différemment la femme sans enfants et considère la femme vivant seule comme une prostituée et rend les gens fatalistes puisque Dieu pourvoit à leur destin. Il évoque aussi le chômage qui sévit en Algérie, ce qui pousse un jeune homme à se lancer dans le « business » de la mort, tabou dans ce pays. C’est un film complémentaire de « Mascarades » (2008) de Lyes Salem qui lui traite aussi, sous forme de comédie, de l’aliénation des conventions sociales qui empêchent le bonheur des gens.