Kærlighed på film déconstruit sa narration par flashs à la façon d’un Requiem for a dream (Darren Aronofsky, 2000), diversifie les caméras et les formats, justifiant cette esthétique par l’accident de voiture qu’a subi Julia et par la confusion identitaire qu’éprouve Jonas, tout cela au service d’une intrigue dramatique qui prend des airs de thriller, Danemark oblige. Le résultat est en demi-teinte mais se suit sans déplaisir, ose les écarts de tonalités et de formes comme le protagoniste s’improvise une vie en parallèle avant que sa nouvelle identité, bien plus séduisante, ne prenne le pas sur la précédente, subordonnée par exemple aux courses à faire le matin avec femme et enfants. Malgré des personnages secondaires transparents, pures fonctions de scénario – voir à ce titre le collègue à l’humour gênant, cliché sur pattes –, la relation boiteuse entre le père de famille et l’accidentée fonctionne et réserve quelques beaux moments, réhaussée d’un discours basique sur les inégalités de classes sociales et de touches comiques plutôt bien dosées.