A partir d’un fait divers, à savoir le combat judiciaire de Charity Jomohe, Nigériane de 23 ans qui a dû se prostituer à Nantes pour rembourser la dette (35 000 €) contractée pour venir en France, la réalisatrice fait un film brouillon où une voix off aurait été nécessaire pour apporter des précisions (qui paye le logement de Charity ? De quoi vit-elle ?) et trop long (77 mn). Il manque aussi une analyse marxiste du trafic des êtres humains au Nigéria où les populations et familles (ici, la tante de Charity) sont complices et les femmes faussement naïves. Les scènes familiales privées (enfants faisant le ménage, la cuisine, regardant la télé) relèvent plus de la téléréalité ou des émissions jadis populaires animées par Jacques Pradel [« Perdu de vue » (1990-1997)] ou Patrick Sabatier [« Avis de recherche » (1980-1982 puis 1988-1990)] voulant émouvoir la ménagère de moins de 50 ans. On devine la force de caractère de Charity (dont la vie a été « pourrie » par son père, son violeur et l’assasin de sa mère) et son désir d’influencer le documentaire. D’où le titre… C’est un portrait de femme, certes représentatif du parcours des femmes nigériannes venant en Europe mais dont l’avenir est unique (sortie de la prostitution, venue de ses 2 enfants en France (coût = 6 500 €, avec une aide financière de Médecins du Monde), sortie d’un CD et prédication).