La nostalgie des époques passées est plus que jamais ce qu'elle était. De plus en plus même, y compris pour ceux qui n'ont pas vécu les années 80 qui forment le sujet évident de Juste une illusion. Le duo Toledano et Nakache recyclent leurs propres souvenirs dans une comédie qui se veut fidèle à l'air du temps d'alors et l'entreprise n'est pas vraiment résistible, souvent jubilatoire, même. Entre la douceur et l'amertume les cinéastes choisissent volontiers la première, la tendresse affleurant pour des personnages qui ont beau se battre contre les conditions sociales pour les parents ou les aléas de l'adolescence pour leurs fils, l'on sent bien la volonté dans l'écriture de délivrer une note optimiste dans une société certes pas idéale, mais où il était encore possible de discuter, de se rebeller et d'engranger de l'espoir pour l'avenir. Cela a évidemment du sens face à la France d'aujourd'hui, fracturée et proche de céder aux sirènes d'idéologies plus ou moins douteuses. Certes, le film souffre peut-être d'un éparpillement de ses intrigues et quelques thèmes ne sont pas forcément développés (le chômage, la place des femmes, etc.), mais l'idée n'est pas de proposer une œuvre politique ni un documentaire, mais bel et bien un divertissement narquois et policé dans lequel le sans-faute de l'interprétation impressionne, des plus jeunes aux plus grands, avec un délicieux couple formé par Camille Cottin et Louis Garrel, épatants, et un trublion malicieusement campé par Pierre Lottin. Juste une illusion, mais aussi une heureuse sensation.