On attendait le duo Nakache/Toledano au tournant, et ils nous livrent ici un film qui ressemble à une vieille boîte de souvenirs retrouvée au grenier. Bien sûr, ce n’est pas leur œuvre la plus surprenante ni la plus percutante, on est loin de l'énergie débordante du Sens de la fête, mais la proposition reste profondément attachante.
Le film brille d'abord par son incroyable travail de reconstitution des années 80. C’est une véritable madeleine de Proust où chaque détail, de la doudoune Chevignon à la bande originale, nous plonge dans une immersion totale. On ne cherche pas ici la grande démonstration technique, mais plutôt l’émotion pure d’une époque disparue. Si le scénario peut sembler assez classique, voire un peu "bateau", le film a l'intelligence d'assumer sa simplicité. C'est une comédie familiale sans prétention qui traite de cet âge ingrat de l'adolescence avec beaucoup de tendresse et d'humour.
Côté casting, Camille Cottin est d'une justesse folle, comme à son habitude, et apporte une vraie colonne vertébrale au récit. J’ai eu un peu plus de mal avec Louis Garrel au début, que j'ai trouvé un peu en décalage avec son personnage, même si son jeu s'affine au fil des scènes. Pierre Lottin, quant à lui, est impeccable en concierge, bien qu'il reste dans un registre qu'il maîtrise déjà par cœur ; on finit par espérer le voir un jour dans un contre-emploi total.
En résumé, ce n’est pas le film qui révolutionnera le genre, mais c’est une parenthèse vintage et sincère qui réussit son pari : nous faire passer un excellent moment et nous coller un sourire nostalgique aux lèvres.