Les années 80 en banlieue parisienne, la famille Dayan de culture juive et de petite classe moyenne se bat avec l'époque. Le père est un cadre au chômage, la mère essaie de sortir de sa condition de secrétaire, le grand frère se prend pour Robert Smith, deale des cassettes de live pirate post punk, et Vincent le petit frère, prépare sa bar-mitsvah et tombe amoureux d'une camarade de classe qui se rebelle contre ses parents bourgeois et très à droite, en portant le badge de SOS racisme "touche pas à mon pote".
Reconstitution parfaite des années 80, le mobilier, les fringues, la musique, les voitures, la radio... la déco est parfaite. Reconstitution aussi de l'univers d'une petite classe moyenne touchée par la crise, mais qui s'en sort avec des idéaux de gauche solides. C'est l'époque où on croit qu'SOS racisme ne fait pas de racisme et qu'on va vers une époque meilleure de ce côté là. Alors la nostalgie fonctionne et les blagues aussi. La meilleure est celle sur la photo historique de Mitterrand et Kohl qui se tiennent la main pour sceller la réconciliation franco-allemande (je ne spoil pas). Et les astuces autour d'un blouson à teindre, d'une cassette vidéo porno fonctionnent à merveille. Le jeu d'acteurice est parfait bien que le casting est tellement caricatural du cinéma français: toujours les mêmes stars, les fils de, et tout le monde il est beau, pas de gueule cassée, pas de gros. Pas d'arabes ni de noirs non plus dans ces personnages antifascistes, un peu à la manière d'SOS racisme finalement. Des personnages masculins, hétéros et un scénario prônant un modèle familial daté. Et du coup on a pas vraiment de critique des illusions de cette époque, pas même une remise en question, juste une description biaisée mais drôle et bien faite. Parce que les Toledano/Nakache sont bons pour faire des comédies françaises populaires, des films d'une gauche tellement caricaturale et boumeuse qu'ils sont de droites. Ils retrouvent malgré tout un bien meilleur niveau que leur précédent loupé "une année difficile"