Bon, *Kaiju n°8*, j’y allais avec une curiosité prudente. Le manga est sur toutes les lèvres, les influenceurs l’encensent comme le nouveau messie du shōnen, et vu le budget promo et le visuel explosif de l’affiche, j’étais prêt à en prendre plein les yeux. Résultat : c’est **sympa**, ça se regarde sans déplaisir… mais clairement, ce n’est pas le film événement qu’on voulait nous vendre.
Le plus flagrant ? Ce **sentiment tenace de mater une saison d’anime condensée** en 1h45. Y’a des arcs narratifs qui démarrent à fond les ballons et qui s’évaporent trois scènes plus loin, des persos qui sortent de nulle part avec leur thème musical ultra badass… et qui ne reviennent plus jamais. Le **montage est bizarre**, très « épisode collé à épisode », jusqu’à cette drôle de décision de coller **un mini-épisode spécial post-générique**, comme si la prod elle-même n’assumait pas trop le format film.
Dans le ton, ça lorgne un peu du côté de *Solo Leveling* : un monde ravagé par des monstres géants, une organisation militaire ultra stylée, des transformations qui déchirent le tissu de l’espace-temps… et un héros mi-looser mi-bête de guerre, qu’on suit avec un mélange d’attachement et de distance. Kafka est cool, oui, mais **tout va trop vite** pour qu’on s’investisse vraiment dans ses dilemmes. Il se transforme, il hurle, il cogne — et hop, scène suivante.
Visuellement, ça claque : les combats contre les kaijus sont bien animés, y’a de l’ampleur, ça pète de partout. L’OST fait le taff, entre envolées orchestrales et très rock. Mais rien de vraiment mémorable non plus. C’est propre, c’est bien emballé, mais… **ça manque d’âme**, un peu comme un plat réchauffé par une IA qui a très bien lu le manuel du shōnen parfait.
Peut-être que je m’attendais à trop, **vu le matraquage permanent autour du manga**. Peut-être aussi que le film a été pensé comme un tremplin pour relancer la hype avant la vraie série (ce qui serait malin, en soi). Mais en l’état, c’est une bonne intro, pas un film culte.
Un bon moment de cinéma popcorn, à voir pour les fans ou les curieux — mais pas de quoi crier au génie kaiju.
Un **6/10**, tout en rugissements, en muscles et en promesses pas totalement tenues.