Adaptée du roman d'Anne Hébert, la version de Kamouraska diffusée à sa sortie en salles durait un peu plus de 2 heures. Claude Jutra put y ajouter 50 minutes de plus, 20 ans plus tard. Moins inspiré que dans Mon oncle Antoine, le réalisateur québécois saisit bien l'ampleur romanesque de son sujet, dans des extérieurs naturels somptueux mais s'en tient à une forme classique qui bride quelque peu l'émotion. D'autant que sa structure en flashbacks, où l'essentiel est raconté dès les premières minutes, alourdit passablement la narration. L'histoire de cette femme liée à un maudit mari et complice acquittée d'un crime de sang perpétré par son amant ne méritait sans doute pas d'être développée sur 3 heures. Au moins a t-on le temps d'apprécier la qualité du jeu de Geneviève Bujold et de Philippe Léotard, à l'aise dans son personnage de jouisseur égoïste.