Ken Park
6.3
Ken Park

Film de Larry Clark et Edward Lachman (2003)

Le Rêve Américain dans toute sa splendeur

Violent, âpre, difficile, dépeignant une jeunesse américaine triste et paumée, le cinéma de Larry Clark, photographe et réalisateur américain s'étant fait connaître derrière la caméra pour la première fois en 1995 avec Kids, réalise ici, aux côtés de son chef opérateur Edward Lachman, un nouveau chef d'œuvre : Ken Park.


Sorti en 2003 et ayant écopé dans plusieurs pays d'une interdiction aux mineurs, parfois même d'un bannissement total, le film raconte une histoire d'ados américains, mais aussi de leurs parents, à l'inverse de Kids, dont ils étaient totalement absents, ou Bully, où ils n'étaient que de passage. Les relations entre les deux seront au cœur du métrage : tumultueuses, complexes, brutales.


Ken Park se démarque d'abord par sa narration : chaque personnage est introduit puis développé séparément, pour qu'à la fin seulement certains d'entre eux se retrouvent, le temps d'une scène. Il ne s'agit pas d'un film choral, mais de portraits, entre lesquels se tissent des liens. Mais jamais les réalisateurs n'aiguillent trop les yeux du spectateur, le laissant déambuler dans ces vies mornes de grands enfants, faites de sexe, de parents majoritairement méprisants, inconscients et violents, de sexe et de skate (et de sexe).


Doté d'une excellente BO mêlant punk, rap et country, Ken Park, crade, n'hésite pas à montrer la violence dans tous ses travers, entre humiliations, tentative d'inceste, extrême et dangereuse piété, suicide.


Ken Park est un grand film.


Parce que la photo est sale, jaunâtre, rarement brisée par de sublimes touches de bleu.

Parce que l'ambiance qui y règne est dingue d'originalité, de maîtrise.

Parce qu'il traite d'un sujet important et que les réalisateurs prennent le soin de laisser le spectateur se forger son propre avis, sans le prendre pour un con.

Parce que le casting, entre acteurs professionnels (les parents) et amateurs (les enfants) est choquant de justesse.


Ken Park est un grand film pour plein d'autres raisons, mais je m'arrêterai là et vous conseillerai plutôt d'aller le voir.


À ne pas mettre devant tous les yeux, âmes sensibles s'abstenir, mais si vous tentez le coup, vous en ressortirez marqués tant ce film est puissant, unique et touchant.

Créée

le 28 juin 2025

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StupeSan

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