Telly & Casper traînent dans les rues de New York. Le premier s’est fait une spécialité, celle de dépuceler de très jeunes filles. Se croyant à l’abri de toute maladie, du moins… jusqu’au jour où l’une de ses récentes conquêtes apprend qu’elle est séropositive.
Pour son premier long-métrage, Larry Clark ne fait pas les choses à moitié en nous plongeant de plein fouet dans le quotidien d’une bande d’adolescents dans les rues de la grosse pomme. Entre sexe, drogue, alcool et skate, ils déambulent, parfois sans but, si ce n’est Telly qui s’est donné pour mission de se taper un maximum de vierges et ce, sans trop se soucier de leur âge.
Le réalisateur a laissé une grande place à l'improvisation auprès de ses jeunes acteurs et l’a tourné dans un style quasi-documentaire, ce qui fait renforcer la puissance qui se dégage du film. Pendant 90 minutes, il nous laisse entrevoir ce que les ados font dans notre dos et clairement, c’est pas beau à voir (ne généralisons pas, ce ne sont pas tous les adolescents qui se comportent comme des queutards ou des zonards…). On se retrouve plongé dans un univers sordide, mettant en lumière une jeunesse américaine désabusée et en pleine perdition, avec le spectre du sida en toile de fond.
Scénarisé par un certain Harmony Korine (Spring Breakers - 2013), qui avait tout juste 18 ans à l’époque, le film ne laisse clairement pas indifférents, d’autant plus que les acteurs sont très jeunes : Rosario Dawson (15 ans), Leo Fitzpatrick (16 ans), ainsi que Chloë Sevigny (19 ans) et sont criants de vérité, ce qui ne cesse de nous faire penser à un film documentaire. A la suite de ce premier essai, Larry Clark persistera dans le même registre (filmer des ados dénudés, au point de se questionner sur ses intentions louables), avec Ken Park (2003) et The Smell of Us (2014).
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