Dans la lignée des classiques de Noël à l’ancienne, le King Kong de Peter Jackson reste un monstre sacré du cinéma d’aventure, une réinterprétation de La Belle et la Bête qui ne laisse pas indifférent. Il est vrai que la première partie prend son temps : près d’une heure avant que le gorille géant ne fasse son entrée, le film s’attache à installer ses personnages et à construire le suspens. Mais cette lenteur est en réalité un mal nécessaire – elle permet de quitter le New York gris et désenchanté des années 1930 pour basculer dans l’extraordinaire. Et quelle bascule ! Dès que Naomi Watts monte à bord du Venture, l’aventure commence pour de bon.
L’île perdue où s’échoue l’équipage est un monde à couper le souffle : exubérant, dangereux et fascinant, peuplé de créatures aussi spectaculaires qu’effrayantes. Le combat entre King Kong et les trois "tyrannosaures" (ou presque) est pour moi une de ces scènes d’anthologie qui marquent à jamais – un duel titanesque, d’une intensité rare. Certes, l’île regorge un peu trop de bestioles en tout genre, au point qu’on se demande comment le bateau pourrait repartir avec 10 % de son équipage seulement… Mais qu’importe : on est embarqués, subjugués par la folie visuelle de Jackson.
La romance entre Ann Darrow et King Kong, aussi improbable soit-elle, fonctionne étrangement bien. Les acteurs jouent leur partition avec conviction, même si certains forcent un peu le trait : Jack Black en producteur trop théâtral, Naomi Watts parfois décalée face à la bête, et Adrien Brody en écrivain romantique un brin cliché. Pourtant, leur jeu ne gâche pas le spectacle – bien au contraire.
Au final, ce King Kong est une réussite éblouissante, longue mais captivante, qui offre une aventure hors norme. Un film où l’émerveillement prend le pas sur les incohérences, et où l’émotion l’emporte sur les détails.