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le 5 avr. 2014
Dire que King Kong est un film mythique est aujourd'hui une évidence, et presque un siècle après sa réalisation, il reste fascinant et innovant sur le plan technique. Je l'ai vu la première fois vers l'âge de 12 ou 13 ans au Ciné-Club d'Antenne 2 au cours d'un cycle fantastique ; j'ai dû le revoir 1 fois et il ne fait pas partie des films que j'ai le plus revus. En le revoyant hier soir après une bonne trentaine d'années, ça m'a replongé loin en arrière quand je m'émerveillais devant des films, je regrette ce sentiment de découverte que j'avais étant ado, j'étais conscient que je découvrais des classiques. C'est un film que je respecte mais je ne le surnote pas sous prétexte que tout le monde trouve que c'est un chef-d'oeuvre indiscutable ; certes, il a marqué son temps, c'est un film important de l'histoire du cinéma, un très bon film, mais c'est tout, et c'est déja bien.
Produit par le studio RKO avec un budget considérable pour l'époque, il possède plusieurs facettes qui font ressortir sa singularité : il mêle l'aventure exotique, la dimension fantastique, l'opposition de la nature et de la civilisation urbaine, tout en étant une étonnante relecture du thème de la Belle et la Bête. On peut sourire de la naïveté de son scénario, mais le film fascine par son imagerie onirique, et interpelle par son troublant symbolisme sexuel (un grand singe amoureux d'une jolie blonde, et qui en plus s'amuse à la déshabiller) ; les regards concupiscents de Kong en gros plan sur Ann Darrow (réalisés avec une tête géante robotisée) en disent long aussi sur ce symbolisme, et de ce fait, il échappe de justesse au Code Hays qui n'entrera en vigueur qu'en 1934.
Inventif visuellement, touchant, triste même à la fin lorsque les avions mitraillent Kong sur l'Empire State Building, le film a bénéficié de 2 réalisateurs : Schoedsack, s'occupait du côté direction artistique, il venait de tourner les Chasses du comte Zaroff dans le même décor de jungle qui ressert ici, notamment le ravin avec le tronc d'arbre, et avec la même vedette, Fay Wray, actrice qu'on surnommait à l'époque "screaming girl" (dans King Kong, elle criera encore beaucoup). Tandis que Cooper s'occupait surtout de l'aspect production. Tous deux ont délégué la partie trucages à Willis O'Brien, pionnier en matière d'effets spéciaux ; ils ont ébloui en 1933, aujourd'hui, ils accusent leur âge mais gardent une certaine poésie. O'Brien utilisait l'animation avec des figurines (Ray Harryhausen qui fut son élève, s'en inspirera), celle de Kong mesurait à peu près 32 cm et était projetée sur un écran où s'incrustaient décors et acteurs.
Un autre élément important s'ajoute à ces facettes : la musique. Max Steiner fut aussi un pionnier dans le domaine de la musique de film ; avant 1933, les studios ne s'embêtaient pas et prenaient des extraits de morceaux classiques de Tchaïkovsky ou Beethoven, Steiner fut donc celui qui "inventa" le langage musical cinématographique, en composant une vraie partition pour King Kong qui en même temps imposait immédiatement son style (notamment le mickeymousing qui consiste à souligner chaque action par un son), avec surtout les effets dramatiques qui donnent ici une petite dose d'angoisse quand Kong défonce le great wall et écrase tous ceux qui sont sur son chemin, ces thèmes sont répétées dans les scènes de destruction à New York.
Qu'on reste subjugué ou émerveillé par ce film, sa technique, ses implications freudiennes ou sexuelles, King Kong reste avant tout un film d'aventure avec du fantastique assorti d'une description d'un amour impossible, il reste comme un des premiers grands films fantastiques, un grand choc de l'histoire du cinéma, et son final sur l'Empire State Building est carrément anthologique. Il lance aussi le thème des mondes perdus, des terres sauvages inexplorées, abritant des espèces disparues, ce thème sera beaucoup abordé, de même qu'il annonce la vogue des films de monstres (Universal en fera son fond de commerce) dans une Amérique de crise économique (le début du film en témoigne) qui occuperont une grande place en dynamitant les conventions cinématographiques des années 30. Quoi qu'on en dise, King Kong reste un film éternel.
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Créée
le 24 sept. 2025
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