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262 critiques
Boll à zéro
Ce qu'on doit retenir avant tout, c'est que c'est chiant. Très chiant. Ce film testera vos limites et il vous faudra beaucoup de self control pour ne pas avaler des lames de rasoir après la première...
le 21 juil. 2011
Qui es-tu ?! Certains mystères ne valent pas la peine d’être résolus.
King Rising, au nom du roi est un film germano-canado-américain réalisé par Uwe Boll. Adapté du jeu vidéo Dungeon Siege créé par Chris Taylor, le scénario signé Doug Taylor aurait pu constituer une base honorable pour un récit d’heroic fantasy classique, avec vengeance, royaume en péril, destinée fantastique... Sur le papier, rien d’infamant. Une structure archétypale, mais fonctionnelle. Le problème, c’est que le film ne choisit jamais ce qu’il veut être, du moins le sait-il ? Au lieu d’embrasser pleinement son héritage médiéval-fantastique, il devient un carrefour improbable d’influences incompatibles sous la forme d’un fourre-tout, où en plus on y associe des clichés à la pelle. Si encore les associations entre les différents genres étaient bien conçues, pourquoi pas, mais ce n’est jamais le cas. Quelques bonnes idées essayent d’émerger, mais elles sont toutes noyées sous un déluge de médiocrité. Et niveau action, c’est le festival du n’importe quoi. L’heroic fantasy classique y côtoie le wu xia pian de seconde zone, la baston urbaine bourrin façon actionner moderne, ou encore le fantastique magique pseudo-épique avec des effets numériques douteux. Puis hop, retour au combat à l’épée traditionnel. Un bon gros bordel. Mais comme ce n’est pas suffisant, on nous présente des pseudo-elfes sylvains, enfin je suppose que c’en sont, qui vivent accrochés à des lianes feuillues avec lesquelles ils se battent, avec des effets pratiques ridicules. Et parlons de la technicité. La direction artistique de Roxanne Methot bat totalement de l’aile et affiche une laideur presque constante du royaume d'Ehb. La photographie de Mathias Neumann paraît sale et terne. Les décors de James Steuart sont anecdotiques, parfois franchement moches, avec des effets spéciaux qui piquent les yeux. Les costumes de Carla Hetland et Toni Burroughs-Rutter sont hideux, notamment lorsque qu’arrivent les Krug, des créatures censées évoquer des orcs ou des gobelins, mais qui ont un rendu si laid, qu’on dirait des monstres venant d’un épisode de Power Rangers. La musique d’Henning Lohner et Jessica de Rooij est peut-être moins pire que le reste, mais toutes les médiocrités accumulées m’ont tellement perturbé que mes oreilles ont décidé de se déconnecter. Et le tout dure 127 minutes. Oui, 127 minutes ! C’est long. Très long ! D’autant plus que le film aurait sans doute été moins douloureux en 80 minutes bien tassées. Le plus fou, c’est qu’il existe une version longue de 162 minutes. Ne comptez pas sur moi pour vérifier si c’est mieux. Il y a des limites au dévouement critique.
Côté casting, c’est un enchaînement de surjeu incroyable, à un point où il n’y en a pas un pour rattraper l’autre, au point que ça en devient hilarant. Jason Statham pour Farmer… bon, comment dire. Ceux et celles qui me suivent le savent, j’aime bien Statham et je ne suis pas du genre à le plomber gratuitement. Mais là, c’est très compliqué. C’est bien d’avoir essayé, Jason, mais le genre heroic fantasy, ce n’est pas fait pour toi. Le cadre urbain te va bien mieux. Il fait ce qu’il peut avec ce qu’il a, mais c’est très bizarre. Il se bat à l’épée tout en envoyant de gros coups de tatane façon martial musclé, ce qui ne colle pas du tout avec le cadre. Et puis son boomerang est… on va dire… surprenant. Ron Perlman pour Norick est le moins pire. Perlman, en habitué des direct to dvd, sait faire un minimum le taf avec très peu. On dira que ça suffira ici. John Rhys-Davies pour le mage Merrick me fait bien rire, car on dirait qu’il ne sait pas trop ce qu’il fait là. Il a parfois plus l’allure d’un rocker fatigué que d’un mage mystique. D’ailleurs, il ne sert presque à rien. Quoique, il nous offre un duel magique, mais faut voir la qualité catastrophique du rendu de cet affrontement. Leelee Sobieski pour Muriella est bien jolie. Et puis… voilà. C’est compliqué d’en dire plus tant son personnage est creux. Mais, allez, je lui laisse le bénéfice du doute. Matthew Lillard pour le duc Fallow est dans un surjeu total. Il en fait des caisses et encore des caisses, au point d’en devenir insupportable. Sang royal ou pas, comment quelqu’un pourrait sérieusement suivre un tel bouffon ? Burt Reynolds pour le roi Konreid essaye de nous faire un Sean Connery dans le rôle du roi Arthur dans le film Lancelot de Jerry Zucker. Et comment dire… oui, c’est bien, essaie toujours mon vieux, mais tu peux brasser encore longtemps car on est très loin du résultat. Il me donne même le sentiment qu’il s’ennuie ferme dans le rôle. Mais le plus incroyable et mémorable reste Ray Liotta dans le rôle du grand vilain, le mage Gallian : Ray Liotta est véritablement mythique dans ce film, au point que l’œuvre mérite d’être vue juste pour lui. Il est hilarant de grotesque. Le gars a une tête de surfeur, porte une tenue façon Elvis Presley avec collerette scintillante argentée, et joue le tout dans un surjeu absolument total façon grand vilain au rire diabolique. Rire diabolique qu’il fait vraiment ! Et je vous passe les monologues de grands méchants. À ce niveau-là, je me dis que c’est fait exprès, et que c’est du trolling pur et simple. Vraiment, le comédien est ici fascinant. Le pire, c’est qu’il a en plus l’outrecuidance de nous offrir un combat final contre Statham plutôt correct, voir bien sympa. Certes, le combat est en mode “what the fuck” total, mais on sort de notre torpeur, pas longtemps, mais on en sort pour enfin s’amuser un minimum. Un Liotta vs Statham dans lequel on passe d’un duel à l’épée version chevalier, à un affrontement façon Matrix avec ralentis et arts martiaux, pour finalement basculer vers un combat de sorciers en mode Harry Potter avec sorts magiques et livres fantastiques, pour s’achever sur un ultime coup tout droit sorti d’un film de chanbara. Je sais, c’est fou !
Heroic fantasy sous acide, chevaliers, ninjas, Power Rangers, surjeu royal et magie disco. À ce stade, on ne sait plus du tout ce qu’on regarde. Et c’est peut-être ça, au fond, la seule vraie cohérence du film.
À voir, au moins pour la performance hilarante de Ray Liotta, le Elvis médiéval- mage-surfer- roi du What The Fuck !
Je ne connais pas la merci. Je suis au-delà du bien et du mal.
Créée
le 21 févr. 2026
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