Une vraie bouffée d'air pur dans ce monde merdique. Du son qui décoiffe, un humour ravageur et trash (proche de celui que l'on retrouve dans les livres de McKinty, une autre natif de Belfast), un rythme endiablé et des scènes d'anthologie. Que du bonheur ce film. Et pas vraiment un biopic, en fait. Parce qu'il me semble que la réalité a tout de même été quelque peu, voire même pas mal, travestie. Quoique certains faits soient réels, même si je ne sais pas forcément très bien lesquels. Bon, au moins c'est clair : il y a pas mal de fiction. Et puis les trois membres que groupe qui jouent leurs propres rôles, non ce n'est définitivement pas un biopic à la con.
Beaucoup de messages politiques également : nos trois compères règlent leurs comptes avec police nord-irlandaise (les RUC, toujours désignés ainsi même s'ils ne s'appellent plus comme ça depuis 2001, histoire d'effacer les traces de la guerre civile et apparaissent assez judicieusement dans les sous-titres sous l'appellation de CRS !), mais aussi les républicains qui ont continué la lutte après les accords de paix (ah ces inénarrables Républicains Radicaux contre la Drogue...). Et plus généralement, comme il s'agit d'un hymne à la radicalité, tout le monde en prend à vrai dire un peu pour son grade. Dans un esprit complétement punk, ce qui pourrait sembler paradoxal étant donné qu'il est musicalement question de hip-hop. Et c'est si c'était le genre qui avait repris le flambeau ? That is the question, d'autant plus essentielle que l'on peut voir nombre de vieux rockers passablement embourgeoisés (les survivants) continuer à tourner dans des méga-shows...
Évidemment, le sujet de la langue irlandaise ne pouvait me laisser de marbre et a peut-être biaisé vers le haut mon opinion comme ma note. Pour autant, il semble que - grâce à Kneecap - les jeunes recommencent à l'apprendre et à la pratiquer. C'est toujours cool de parler une langue que la plupart des adultes ne comprennent pas, soit dit en passant. Mais, ça me rappelle quelque part Alan Stivell dans les années 70 avec le breton, même le registre musical n'est franchement pas le même. Kneecap est bien un groupe politique, bien plus que le film, qui les dépeint plutôt comme des branleurs, ne veut bien le montrer. Après, être politique et branleur à la fois n'est pas impossible. Quoiqu'il en soit, on pourra s'en convaincre en s'informant sur leurs récents exploits au festival de Gladstonbury.