Assez paradoxalement, Knock Knock est parfait jusqu'à ce que l'intrigue bascule. Eli Roth amène avec une précision minutée l'inévitable prise d'otage dans laquelle va se retrouver Keanu Reeves. Un jeu de séduction que l'acteur tente de repousser tant bien que mal, donnant à cette situation presque fantasmée un côté à la fois drôle et dérangeant. Et malheureusement, c'est lorsque tout bascule, passé une première scène malsaine, que le film délaisse complètement le côté psychologique pour se concentrer sans aucunes véritables saveurs sur la torture du personnage de bon paternel joué par Reeves. Même si Eli Roth joue avec les clichés de la jeunesse d'aujourd'hui, même si il tente de donner une certaine résonance à son propos dans une époque où tout nous semble suspect, même si les deux personnages féminins apportent une bonne touche de folie, on n'a connu le réalisateur de Cabin Fever et Hostel dans une meilleure forme. Pas franchement oppressant, ni stressant, Knock Knock se regarde bien plus comme un thriller divertissant que comme un véritable film d'horreur. Loin d'être indispensable, espérons que The Green Inferno, prochain film d'Eli Roth, saura nous bousculer et nous marquer comme le réalisateur a déjà été capable de le faire.