Knock Knock est un film idiot, excessif, parfois profondément maladroit. Elie Roth n’a aucun sens de la nuance et filme la tentation au marteau-piqueur. Et pourtant… il se passe quelque chose. Le film parle de désir, de faiblesse, de manipulation, et ose aller là où beaucoup détournent le regard.
Ana de Armas et Lorenza Izzo sont désirables à l’écran, le regard est assumé, la tentation est réelle. Et quand tout bascule, on partage surtout la souffrance du personnage de Keanu Reeves. Contrairement à ce qu’on répète souvent, il ne “chute” pas vraiment : il dit non, il résiste, il est piégé. Ce qu’il subit relève du viol, mais notre société peine encore à l’admettre dès lors qu’un homme a une érection face à des femmes jugées désirables.
Le film est si outrancier qu’il frôle parfois la caricature, voire le mauvais goût. Mais au moins, il engage, dérange, pose des questions inconfortables sur le consentement masculin, la culpabilisation des victimes et la manière dont on juge les corps plutôt que les paroles. Maladroit, oui. Stupide par moments. Mais vivant, incarné, et bien plus honnête que beaucoup de films prétendument “sérieux” qui n’osent jamais regarder ces zones grises en face.