Un homme seul chez lui pendant que sa famille part en vacances (Keanu Reeves) reçoit la visite de deux jeunes filles délurées et perdues. Il les accueille et finit par le regretter.
J'aime les thrillers, et encore plus les thrillers psychologiques. Une telle base pour ce film me mettait forcément l'eau à la bouche, mais force est de constater qui si le film démarre bien, il vire ensuite à une autre forme de cinéma qui me plaît nettement moins. L'arrivée des filles mène à un climat d'inconfort bien géré, on en apprend plus sur le personnage principal par leur biais et on a une tension qui est assez efficace. La menace prend son temps pour arriver afin de mieux prendre Keanu Reeves au piège, c'est le genre de chose qui me plaît bien. Les actrices jouent bien le jeu, Keanu fait du Keanu. Haters gonna hate, toussa. Moi j'appréciais.
Et puis on vire au torture porn psychologique. Amusant vu que c'est de Eli Roth le réalisateur de Hostel, il refait donc quelque chose dans un registre similaire mais sans aller vraiment dans la torture physique. Autant la manipulation est un exercice que j'adore, autant la maltraitance de quelqu'un qui ne peut plus se défendre ne m'intéresse pas. C'est un simple défilé d'humiliations qui s'étire avec de faux retournements de situation. Et je m'en suis lassé très vite. Les prémisses m'ont plu car on ne savait pas forcément dans quelle direction ça allait partir, il y a aussi des choses amusantes. Mais j'ai vite eu l'impression de voir juste des gamines qui foutent le bazar sans rien pour les retenir, et ce n'était pas cathartique. Le tout sans véritable fond pour soutenir tout ça, ou alors c'est un fond dont on a du mal à dire s'il est puritain ou tente au contraire de dénoncer ironiquement le puritanisme. Dans tous les cas c'est mal géré.
Ma note correspond au début du film qui est engageant et qui a un climat qui me plaît. Faut toujours essayer de retenir ce qu'il y a de mieux d'un film. Mais on tourne vite en rond, on stagne dans une démarche à laquelle je ne trouve que peu d'intérêt à la longueur. Pas la peine d'ouvrir la porte du cinéma pour ça.