Cinquième long-métrage d'Eli Roth, "Knock Knock" constitue un bon divertissement.
Derrière son synopsis transparent, on pouvait craindre que le film tourne rapidement en rond et ne se révèle guère captivant. Il n'en est rien, sauf peut-être dans son dernier tiers, où les intentions du réalisateur deviennent assez floues.
Avant cela, la mise en scène gère bien le temps et l'espace, et nous plonge dans un huis-clos au cours duquel un père de famille (seul pour le week-end) accueille dans sa maison isolée deux (très) jeunes femmes égarées, séduisantes, aux intentions ambigües.
Ce tandem de bimbos apparaît bien assorti, entre la brune Lorenza Izzo (compagne de Roth) qui mène la danse, et la blonde Ana de Armas en avatar de Miley Cyrus, lubrique et immature.
Les deux intruses sont hyper désirables, ce qui comblera le mâle lambda venu chercher sa dose de sensations fortes devant un thriller horrifique un brin érotique.
Quant à Keanu Reeves, s'il n'a jamais été un acteur brillant, il ne démérite pas, notamment à l'occasion d'un monologue particulièrement convaincant, et on finit par ressentir de l'empathie pour ce type en souffrance.
Le scénario s'avère de bonne tenue dans ses deux premiers tiers, mais on regrettera une dernière demi-heure en roue libre, durant laquelle "Knock Knock" dénonce pêle-mêle la cellule familiale américaine trop parfaite, la nature bassement instinctive de l'être humain, et l'omniprésence destructrice des réseaux sociaux.
Eli Roth semble laisser croire que ses deux justicières frappadingues vont s'en sortir et remettre ça prochainement, alors que plusieurs éléments finiraient immanquablement par les trahir (à commencer par les vidéos).
Bref, l'ancien compère de Tarantino ne brille pas par sa rigueur narrative, et les nombreux clins d'œil qui jalonnent le film confirme cette tendance très "second degré".
Comme on pouvait s'en douter, "Knock Knock" apparaît plus proche de la pochade horrifique que de la véritable critique sociale.
Outre sa valeur divertissante, le film de Roth a le mérite de proposer quelques séquences bien dérangeantes pour le grand public américain, et de rappeler que dans la situation du héros, bien rares seraient les family man à se montrer irréprochables et droits dans leur slip...