Kontinental '25
6.7
Kontinental '25

Film de Radu Jude (2025)

"Les responsabilités individuelles sont au cœur des interrogations soulevées par Kontinental ’25. Toujours fidèle à une approche documentaire, satirique et grotesque de son époque, Radu Jude poursuit ici son exploration des fractures sociales, dans un registre plus discret, presque silencieux. À travers la culpabilité d’une employée de l’État, il interroge la manière dont l’autorité – qu’elle soit institutionnelle ou corporatiste – exerce un pouvoir de « nettoyage » sur l’espace public. Cette auscultation brute, immédiate, dévoile des contradictions inquiétantes, à la fois absurdes et profondément révélatrices."


"Le titre du film fait écho à Europe 51 de Roberto Rossellini, une critique sociale que Jude réactualise à sa manière. Il évoque ici la Roumanie contemporaine, minée par une gentrification galopante, où les bénéfices semblent viser non plus les locaux, mais les touristes plus ou moins aisés. Cluj devient le théâtre d’un tableau morose où traditions, patrimoine et modernité cohabitent sans harmonie. À travers de longs plans fixes, Jude interroge ces tensions. Ce qui relevait du décor quotidien devient peu à peu une représentation monstrueuse du capitalisme. Filmés à travers l’objectif épuré d’un iPhone, les plans captent, en silence, un patrimoine rongé par les logiques du marché – jusqu’à paraître factice. De même, l’ambiance sonore entre parfois en contradiction avec ce que l’on voit à l’écran."


"Kontinental ’25 marque ainsi une étape plus dépouillée dans l’œuvre de Jude, mais tout aussi incisive. Sous l’apparente légèreté d’une tragi-comédie minimaliste, il dresse un état des lieux implacable, adoptant une tonalité plus sombre pour accompagner la quête de sens de son personnage central. Toute l’ironie du film se cristallise dès les premières scènes avec des dinosaures mécaniques, abandonnés dans un parc morne. Ils n’amusent plus personne, peinent à servir de décor, et deviennent l’image parfaite d’un monde absurde, artificiel, usé et programmé pour sa propre extinction. Ce serait oublier que les sans-abris, eux, ont bien plus de valeur que ces reliques du passé. Mais au final, c’est toujours le « progrès », trop souvent confondu avec la cupidité, qui semble avoir le dernier mot."


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Cinememories
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le 22 sept. 2025

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