Premier film de Trey Edward Shults, qui fait appel à sa famille pour jouer, justement, une réunion de famille. Quoi de plus authentique pour ces échanges entre les personnages, quand bien même leur histoire à l'écran est bien scriptée. On y suit Krisha, sexagénaire qui vient passer les fêtes de Noël avec ses proches qu'elle n'avait plus côtoyés depuis un certain temps. L'état de ses relations n'est pas explicitement présenté, cependant on le découvre à mesure des ses échanges et des reproches qui lui sont adressés, notamment envers son fils, dont elle a délaissé l'éducation. L'ambiance devient donc vite étrange, suppléée d'une musique aux tournures expérimentales via ces percussions indigènes curieusement arrangées. On ne s'en rend pas forcément compte de suite, mais la caméra construit régulièrement des plans séquence en bougeant très lentement dans la maison, de quoi créer une sensation de malaise. Au bout du compte, ce n'est tout de même pas extrêmement passionnant, un peu voyeuriste puisque l'on n'a aucune attache avec cette famille fictive ; on se contente d'assister à ses dramas tenus secrets par bienséance, jusqu'à ce que les ressentiments explosent dans le climax final, ne soulignant que davantage la dureté d'être abandonné par ceux qui ont perdu l'espoir d'aider.