C'est bien la première fois que pour un film, j'étais extrêmement tendu avant même de le voir. J'avais très peur d'appréhender le sujet, la forme aussi sur la manière de raconter cette tragique histoire. Dans la salle, on pouvait très clairement sentir la tension mais également la captation, silence glaçant.
L'ABANDON se veut être la reconstitution la plus fidèle sur les derniers jours de Samuel Paty en se basant sur les procès verbaux, les témoignages et les documents qui ont conduit à la conclusion terrible.
Le film s'ouvre sur les derniers instants avant le drame puis enchaîne sur l'escalade de la rumeur. On ne suit pas juste Samuel Paty mais également les mécanismes de la rumeur, la propagation, la culpabilité, le mensonge. Ainsi que l'inefficacité des administrations (policières, éducatives) a protégé un innocent via un tas de paperasses, d'institutions lent à agir.
Mais je pense que le tour de force de raconter cela vient de la sobriété de la mise en scène, tout est montré de manière presque très douce, la réalisation ne cherche jamais à faire de l'esbroufe mais simplement en montrant les faits, les événements, on ressent une tension palpable.
Antoine Reinartz est vraiment très bon dans le rôle de Samuel Paty, on ressent toute la peur, ce sentiment d'être dépassé par les choses. À souligner que le terroriste n'est jamais clairement identifié, sans être iconisé, il est montré comme une ombre menaçante permanente, jamais vraiment montré à visage découvert.
L'attaque en elle-même n'est pas montré (heureusement) mais les conséquences oui et c'est peut-être encore plus terrifiant. À titre personnel, je me sentais très mal, extrêmement bouleversé.
Ce que je pourrais regretter c'est la fin un peu trop longue, un peu trop à chercher à émouvoir, à faire la moral. Mais tout ce qui a précédé était tout simplement intense, terrifiant, triste.
L'ABANDON est un très bon film.
EDIT
Je sais que suite à la sortie du film, il y'aura forcément de la récupération politique de toute part, surtout ne cédons pas à la facilité et à la division.