Changement notable chez Quentin Dupieux, L'accident de piano a un sujet. Et pour une fois, l'affiche n'est pas trop moche... Preuve qu'il y a un petit effort. Comme ses deux beaujolais précédents (Daaaaaali ! et Le deuxième acte, pour qui mélangerait l'ordre de la filmo...), sa cuvée 2025 est plutôt agréable. Surtout, ce n'est cette fois plus seulement un délire surréaliste sympa, prétexte à des situations foutraques où l'absurde règne en maître. Le film fait dans la critique sociale acerbe. Et sur ce point, il est très réussi.
Parce qu'il a un thème, L'accident de piano parait à l'arrivée plus abouti que d'ordinaire. Mais bon, qu'on se rassure, ce n'est pas non plus Kubrick. Car comme de coutume, en voyant ce qui fonctionne dans le film, on se surprend à rêver du jour - qui n'arrivera sans doute jamais - où Quentin Dupieux choisira de sortir de sa zone de confort et de son petit système.
Car il y a quelque chose d'un minimum incongru de le voir, lui, oser la critique des créateurs de contenus. Quand on sort, une à deux fois par an depuis des années, un film au contenu un peu artificiel, et souvent porté par une hype critique pas toujours justifiée, c'est quand même un minimum culotté. Un peu comme si Tarantino venait faire la leçon sur la violence dans la société...
Reste que L'accident de piano est un bon film. Et sans doute même l'un des plus intéressants de Quentin Dupieux.