La musique d’Angelo Badalamenti contribue énormément à l’ambiance du film, c’est après avoir découvert Twin Peaks et l’oeuvre de Lynch des années après que je comprends mieux pourquoi cette composition atypique pour un film français m’avait captivé dès la bande-annonce. En revanche ce film n'a rien de Lynchéen.
L’autre atout c’est Daniel Auteuil qui compose un personnage timide, réservé comme le décrit Cluzet dans une scène du film mais avec cette détresse qui s’échappe régulièrement et cette capacité à mentir qui reprend le dessus à chaque fois.
Tout son jeu du regard en dit long sur le fardeau qu’il s’est imposé à lui et sa famille.
Le récit de ce fait divers très particulier se fait sous l’angle de l’adversité qui se joue entre les 2 personnalités de cet imposteur jusqu’à ce que le mensonge ne tienne plus.
C’est sûrement une interprétation très personnelle et la personnalité du vrai meurtrier n’a apparemment jamais été percée à jour.
C’est un équilibre bien trouvé entre raconter cette histoire du point de vue du personnage d’Auteuil tout en nous laissant à l’extérieur de sa pensée.
Emmanuelle Devos et Géraldine Pailhas jouent vraiment très bien ainsi que les autres acteurs pour alimenter ce décalage face à ce faux médecin, mais réel mari et amant.
On observe peu à peu cette personnalité ténébreuse qui par son mensonge empoisonne et entraine tout son entourage vers l’anéantissement.
Ce n’est peut-être pas la mise en scène la plus recherchée ni le scénario le mieux écrit mais ce film a vraiment une âme et il reste en tête.