La déception domine face à L’Affaire Bojarski, en grande partie à cause d’un casting inégal dont le jeu sonne trop souvent faux. Les acteurs peinent à incarner leurs personnages avec justesse, ce qui empêche toute véritable immersion. À une exception près : l’interprète de Bojarski (Reda Kateb),qui parvient, lui, à éviter la caricature et propose une composition relativement nuancée. On se surprend alors à se demander si le problème ne vient pas moins des comédiens que d’un dialogue peu incarné, qui fige les corps et étouffe toute vitalité dramatique; là où un autre travail de direction aurait sans doute permis de meilleures performances.
Le sujet, pourtant passionnant sur le papier, souffre d’un traitement poussif. La mise en scène s’installe dans une lenteur passante, sans tension ni véritable progression narrative. L’absence d’actions marquantes et la répétition de situations similaires finissent par lasser, le film tourne en rond et peine à relancer l’attention du spectateur. À cela s’ajoute un personnage, incarné par Pierre Lottin, dont la présence devient rapidement irritante, tant son jeu et son écriture manquent de subtilité.
Le film revendique une fidélité à l’époque, à son style et à ses codes, mais cette ambition reste largement superficielle. La reconstitution semble plaquée, jamais pleinement assumée, ni le ton, ni la mise en scène, ni même l’esthétique ne parviennent à faire illusion. On sent l’intention, mais l’illusion ne prend pas.
Au final, L’Affaire Bojarski a le mérite d’exposer une affaire réelle et d’en livrer les grandes lignes, mais sans jamais les approfondir. Le film n’apporte ni éclairage inédit, ni réelle précision supplémentaire ; il se contente d’un survol que l’on aurait tout aussi bien pu trouver dans un article ou un résumé documentaire. Le cinéma, ici, n’enrichit pas le réel, il le répète, sans le transcender.