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L'unicité du double
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Attention Noir et Blanc, acteurs qui articulent et leur jeu et leur texte; nous
sommes dans un film de 1937 !
Une malle-poste s’apprête à partir à son bord une très forte somme d’argent destinée aux armées; c’était sans compter sur Dubosc et ses acolytes.
Avant de profiter d’une ressemblance avec un dénommé Lesurques, en goguette infidèle.
Les deux rôles, évidemment, sont tenus par le même comédien : Pierre Blanchar. Le jeune premier de l’époque, héroïque : Le capitaine Fracasse (29), Calavacanti, Les croix de bois (31) Raymond Bernard, ou fiévreux: Crime et châtiments (35) Pierre Chenal, ou encore Un carnet de bal (37), L’étrange monsieur Victor (37), Le ciel est à vous (44)… Une vedette vous dis-je ! Au jeu pointu, serré, précis.
Dita Parlo (ah ce nom!) lui donne la réplique, et quelle réplique ! L’air de rien, sans avoir l’air d’y toucher ou presque. D’origine polonaise, elle fit une toute petite carrière dans le cinéma français 8 ! films dont 6 de 1930 à 1937 : Au bonheur des dames, L’Atalante, La Grande illusion, Mademoiselle docteur (Salonique nid d’espions)… excusez du peu.
Pour les accompagner -au cas où ils se sentiraient trop seuls dans leur talent- des seconds rôles aux petits oignons : l’ineffable Jean Tissier (Battements de cœur, L’Assassin habite au 21, les inconnus dans la maison…). Jean Tissier est LE prince des seconds rôles de cinéma francais ! Avec Saturnin Fabre.
On trouve encore dans cette Affaire du courrier de Lyon, des gens de théâtre (la belle équipe de l’Atelier): Charles Dullin, Jacques Copeau, et une mention spéciale pour Alcover, au jeu délectable, un rien gourmand dans un rôle inquiétant, précis et roublard; un plaisir.
Oh là jeunes gens, le cinéma n’est pas né d’hier -1895- et Michel Simon ajoutait : « et comme un malheur n’arrive jamais seul c’est aussi l’année de ma naissance ».
Ce sont là toutes les naissances -ces trente premières années du cinéma parlant- le jeu, la technique, l’adaptation littéraire ou théâtrale.
Et dans L’affaire du courrier de Lyon une modernité dans le propos sur la place des femmes et comme elles sont considérées par les si puissants mâles dans le dernier tiers du film, c’en est saisissant. Il est bon, donc, de connaître un tant soit peu l’histoire de notre 7e art.
EB
Créée
le 7 avr. 2021
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