C’est la toujours adorable Sophie Marceau (même à 40 piges, elle ne voit toujours pas le temps passer) qui se voit retomber en enfance à son insu, via une série de lettres qu’elle a bricolées à 7 ans… et qu’elle s’adresse à elle-même (retour vers le futur en direct…). Un choc émotionnel inattendu pour notre femme d’affaire très affairée, autrement dit la bizness woman en full stress 24/7.
Car si la nostalgie n’est plus ce qu’elle était, elle se révèle retorse, insidieuse et fissure les carapaces les plus épaisses. Avec elle, les souvenirs reviennent et l’enfant que l’on était avec eux… Le film doux-amer pose fort bien la question d’ailleurs : la personnalité n’est-elle pas finalement déjà bien entérinée avant de devenir adulte ? et être adulte, n’est-ce pas se composer un masque, un masque purement social ?
Bien sûr, c’est l’occasion d’ouvrir les vannes aux épanchements et aux regrets (la nostalgie, camarade) et le pathos qui en découle apparaît assez… naïf, pour ne pas dire nunuche. Les simagrées du psychodrame familial très éculé en somme ! Et pourtant, Sophie est rayonnante et fort émouvante alors que les souvenirs nous sont racontés par de petits retours en arrière fort bien faits.
La fin pour sa part ressemble à une sortie de psychanalyse, clairement convenue et bêbête… et pourtant j’ai rarement vu un film parler aussi bien de la nostalgie : elle est la matière première des poètes et pour cause ! L’Age de raison n’est pas un poème mais un bel hommage à cet étrange sentiment, malgré ses quelques maladresses.