"L'agent secret" : film brésilien qui restitue avec justesse ce que fut la société brésilienne en 1977, sous le joug de la dictature. On soulignera l'intérêt de la photographie, clin d'œil aux images du cinéma des années 1970. Autre clin d'œil à cette époque, la présence à l'écran d'une multitude de voitures Volkswagen "Fusca", alias "Coccinelle" ; ce véhicule fut longtemps produit au Brésil et y fut vendu en abondance dans ces années-là. Marcelo, alias Armando, revient dans sa région d'origine, Recife ; l'on comprend qu'il est en danger de mort. La première partie du film, qui part un peu dans tous les sens, tend à perdre le spectateur. Peut-être était-ce la volonté du réalisateur pour mieux nous cueillir dans une deuxième partie du récit... mais le côté foutraque et diverses ellipses nous font en douter ! Cette deuxième partie nous permet tout de même de comprendre, mais partiellement, à partir d'enregistrements que K7 qu'une jeune femme dépouille aujourd'hui, qu'Armando est un ex-chercheur universitaire menacé par le régime, après s'être opposé à un entrepreneur mafieux proche du pouvoir. Le film met à l'écran un très grand nombre de personnages, ce qui contribue à nous dérouter, d'autant qu'on n'en perçoit pas toujours l'intérêt. Le choix du titre "L'agent secret", alors qu'il n'est pas question d'agent secret, s'avère problématique. Le film reçut deux Palmes au festival de Cannes 2025 : le prix de la mise en scène qui certes est réussie (ce n'est pas comme le scénario !) et le prix d'interprétation masculine ; certes le jeu de l'acteur est de qualité, mais on peut penser que d'autres acteurs masculins d'autres films en lice pouvaient mériter cette distinction. Le film d'une durée de 2h 40 est long... trop long, et souvent confus ! Un cinéma bien trop inégal !