Second film sur une des plus grandes légendes de l'Ouest Sauvage, à savoir un certain Wyatt Earp (Le premier étant.....Frontier Man de Lewis Seiler en 1934, s'appuyant lui aussi sur la biographie plus ou moins romancée de Stuart N. Lake ), une légende qui inspirera les plus grands (" La Poursuite infernale" de John Ford ou "Sept secondes en enfer" de John Sturges par exemple), "L'aigle des Frontières", si il est loin de faire partie des incontournables du genre, reste un western honnête et de bonne facture.
D'un côté, Wyatt Earp (Randolph Scott). Homme bon, droit, courageux et doué du colt, il devient un peu par hasard shérif de Tombstone, et est on ne peut plus efficace dans son job ce qui bien sûr ne lui attire pas que des potes! De l'autre, John 'Doc' Halliday (Cesar Romero). Ancien docteur (d'où l'originalité du surnom).En plus d'avoir une santé qui part en cahouète, il file également un mauvais coton cherchant la pouille à tout le monde en en profitant pour relancer le business des pierres tombales et en s'accoquinant avec la saloon girl Jerry (Binnie Barnes), plutôt du genre vulgaire et grande bouche! Elle en est raide dingue mais lui voit ça comme un amusement! Tout irait très bien, si une certaine Sarah (Nancy Kelly), après deux ans de recherche ne lui remettait pas la main dessus! Sarah, c'est son grand amour, un amour qu'il fuit de peur d'être un poids ( le monsieur toussant un peu plus que la moyenne pour espérer finir centenaire). Bref, deux femmes pour un même homme, on peut facilement imaginer qu'elles ne passeront pas leurs vacances ensemble! Heureusement, Wyatt en plus d'être le représentant de l'ordre possède une deuxième passion : entremetteur! Et il compte bien s'occuper des petits problèmes de coeur de son nouveau pote. C'est mignon tout plein! A cela s'ajoute un gang de voleur qui cherche la baston! L'emploi du temps de ces deux là est bien rempli mais sera bien allégé après la réunion de conciliation de Ok Corral!
Et justement, cela fait beaucoup de chose pour une si petite durée (71mn). Allan Dwan n'a pas le loisir de bien développer ces personnages (celui de Doc est pourtant complexe et riche) ce qui nous les rends un peu caricaturaux. Et j'ose même pas parler de la confrontation finale, qui pour le coup, est bien loin d'être mythique. Ca sent le bâclage! Niveau interprétation, si Randolph Scott possède assez de talent et de charisme pour nous faire un Wyatt convaincant, je suis plus réservé concernant Cesar Romero et sa petite moustache. Trop propre sur lui et trop lisse pour incarner le bad guy! Une petite mention pour la mignonne Nancy qui éclipse complètement Binnie (ne serait-ce déjà que le prénom....). Et puis on a un Tombstone qui semble plus sorti d'un épisode de Lucky Luke que de l'ouest sauvage des livres d'histoires!
Néanmoins on passe un bon moment devant ce film où rivalité amoureuse (et donc trahison), action, drame et humour se mélangent! Et puis Dwan n'est pas manchot et nous offre quelques plans techniquement réussis (la scène de l'attaque de la diligence me semblant assez "moderne"). A voir pour les inconditionnels du stetson et des odeurs de saloons, les autres pouvant passer leur chemin.