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Alors qu’elle cartonne avec des films d’action bien bourrins, la Cannon veut prouver au milieu des années 1980 qu’elle est capable de se positionner sur un cinéma plus huppé. Elle se met donc à produire quelques films d’auteur (le cinéma de John Cassavetes ou d’Andreï Kontchaloski par exemples) pour taper à la porte du marché cannois. L’Ambassadeur est pile poil à la croisée des chemins des productions ce cette période de la Cannon. D’un côté, elle convoque des célébrités sur le déclin (Robert Mitchum, Rock Hudson, Donald Pleasence), de l’autre un sujet d’actualité particulièrement grave (le conflit israëlo-palestinien) mais aussi quelques ingrédients qu’elle utilise habituellement. De fait, le résultat est forcément bancal. Le film s’ouvre ainsi sur une fusillade orchestrée depuis un hélicoptère puis se conclut (ou presque) sur une autre fusillade bien bourrine où le sang jaillit à flot. Entre ces deux moments, le film oscille entre espionnage, drame et thriller. Les sujets sont assez fins mais le traitement manque cruellement de finesse.


Film mal embarqué avec une production très chaotique (l’écriture du scénario totalement remaniée, le casting changé à la toute dernière minute), le résultat en pâtit évidemment. Les enjeux traitant du conflit l’Israël et la Palestine de l’OLP sont plutôt bien exposés mais ils sont traités avec une candeur confondante. En l’occurrence, le « super » ambassadeur qui organise des rencontres clandestines entre des étudiants des deux camps pour espérer qu’ils bâtissent un monde de paix frôle le ridicule, à l’image de son final, qui se veut porteur d’espoir, mais qui dénote une vision totalement simpliste de la situation. Le film a cependant l’intelligence de ne prendre jamais parti. Les deux camps sont renvoyés dos à dos, tous les deux victimes d’une situation dont il est difficile de s’extraire. Sur ce point, le film est pertinent. On est davantage perplexe devant le thème de l’infidélité et du chantage lié à une vidéo qui se trimbale dans la nature. S’il porte l’aspect thriller, on comprend mal les enjeux qui se cachent derrière cette manœuvre dont on finit par perdre le fil.


Affreusement maladroit, l’ensemble parvient cependant à distraire et à décrocher presque la moyenne. La qualité de son casting, évidemment, y est pour beaucoup même si tous les acteurs ne sont peut-être pas à leur place. Habitué à beaucoup tourner, même si la fin de sa carrière est à des années lumière de ses premiers pas dans le cinéma, Jack Lee Thompson reste un conteur solide et sait utiliser le cadre d’Israël. Pour la pertinence du message, il faudra repasser mais on ne s’attendait pas à de la dentelle avec la Cannon.


Créée

le 11 févr. 2026

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PIAS

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7
8

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