En voulant vous décrire cette Ame Idéale, on vous aura sans doute beaucoup parlé de la convocation des souvenirs de Ghost ou encore de Always.
Bah non. Car à bien y regarder, Elsa, elle ressemblerait plutôt à la Melinda Gordon de la série Ghost Whisperer. Au point que la première scène du film, on jurerait qu'elle en est tirée. Au point où l'on se demande où Alice Vial veut réellement nous emmener.
Avant d'investir la comédie romantique la plus classique. Mais pas totalement. Car l'argument fantastique, après quelques moments parfois maladroits pour cacher la réalité des choses, revient peu à peu.
Et là, le film démarre enfin pleinement, débarrassé de ses quelques flottements initiaux, et embrasse tout le charme et la complicité de son duo défiant la barrière entre la vie et la mort. Car ces deux-là devaient se rencontrer, de manière évidente, comme si c'était déjà écrit.
Jonathan Cohen réussit le tour de force de faire tomber la défiance que le masqué nourrissait jusqu'ici envers lui, loin des débordements pseudo-comiques qu'il lui connaissait. Mais au sein du duo, c'est sans aucun doute le charme de la rayonnante Magalie Lépine-Blondeau qui emporte le morceau, elle qui constituait déjà la seule attraction de Simple Comme Sylvain. Son sourire désarmant, ses yeux pétillants, sa vulnérabilité ont réchauffé le cœur du masqué et font que l'on ne peut que tomber éperdument amoureux. Comme Oscar, donnant un peu plus de véracité encore à cette romance naissante.
Mais au delà de la comédie sentimentale sans outrance mielleuse, Alice Vial dessine aussi, via son Ame Idéale, l'un des principaux maux de notre monde. Cette solitude contrainte ou choisie, cet enfermement que l'on n'a pas vu venir s'installer dans nos vies. Ou ces choix qui peu à peu nous ont isolés, comme de multiples embranchements dans une route personnelle qui, au bout du compte, nous asphyxient à petit feu.
Jusqu'à ce qu'une flamme se ravive, jusqu'à ce que la jolie Magalie et son amoureux d'outre-tombe revivent une sorte d'adolescence aveugle où l'on se persuade que tout est possible.
L'Ame Idéale se montre tour à tour désarmant, solaire, tragique, attachant dans son argument principal, tout en illustrant, par une tentative de métaphore maligne, le malaise des soignants et leur épuisement psychique et psychologique. On ne l'avait pas vu venir, celui-là, alors même que le masqué soupirait déjà quant au fait que la bande-annonce du film avait déjà brûlé son argument principal en semblant se montrer très démonstratif.
C'était sans compter la magie désarmante du sourire de Magalie...
Behind_the_Mask, qui a trouvé l'âme de sa vie.