Après plusieurs années passées en Amérique, un homme joué par Jean-Louis Trintignant revient dans la ville de Rouen, où se trouvent ses anciennes connaissances. Il va se rendre peu à peu du fossé qu'il s'est crée entre lui et eux depuis le temps.
L'américain est le seul film réalisé par Marcel Bozzuffi, excellent second rôle du cinéma français, mais que paradoxalement, on connait plus pour ses doublages, en particulier Charles Bronson, et pour avoir joué dans un film américain, French Connection. Là, grâce à l'aide Claude Lelouch et Ariane Mnouchkine, il a pu réaliser ce projet qui devait lui tenir à coeur, étant donné qu'il l'a également écrit. De plus, il y a un bon casting, avec Jean-Louis Trintignant période pé-Conformiste, Françoise Fabian (très bien filmée par son mari), Simone Signoret, Rufus, Bernard Fresson, Jean Bouise et Marcel Bozzuffi lui-même dans un second rôle. Mais au fond, malgré que ça se passe dans une ville de Rouen qui a l'air de se reconstruire, il se passe au fond très peu de choses, ce qui explique sans doute la durée de 80 minutes, car c'est au fond l'histoire d'un homme qui marche, et qui écoute la plupart du temps, en voyant qu'il n'est plus de leur monde, d'autant que le passé refait surface.
Les acteurs font au fond ce qu'ils peuvent, mais le film garde au fond une certaine abstraction qui a été un peu repoussoir à mes yeux. D'ailleurs, L'américain sera un échec, et Bozzuffi ne réalisera que deux téléfilms par la suite. Sans doute voulait-il se prouver qu'il pouvait varier ses activités en tant que réalisateur, mais ce ne fut pas le cas.