S'il y a dans ce film quelque chose qui vous fout par terre, c'est l'image.
Wenders, alors à ses débuts, signe ici une oeuvre exemplaire par son esthétisme magnifique. On a rarement vu caméra si juste, si subtile, si classe, si bien placée, jeux de lumière si géniaux, couleurs et ambiances si anxiogènes.
C'est là la grande réussite de cet Ami Américain ; son ambiance poisseuse, glauque, qui vous colle à la peau et vous angoisse.
Cela, grâce au jeu si déroutant des deux hommes à l'affiche ; Bruno Ganz, génial en gentil pas très finaud dont on se demande, encore à la fin, s'il est réellement si bête que cela et Dennis Hopper dont la folie psychopathique et sadique mêlée à une franche sympathie déroute.
L'amitié des deux protagoniste est si particulière qu'on y croit à vrai dire jamais.
Et la fin de ne faire que confirmer ce sentiment.
Car à mon sens le gros problème de ce film c'est son intrigue, oppressante certes, mais souvent incompréhensible, bizarre et longue, équivoque et jamais bien définie.
A l'image de la scène finale qui nous laisse sur le cul face à un spectacle dont on passe en partie à côté.