Je n’attendais vraiment pas grand-chose de ce film avec Hakim Jemili, que je vois plus souvent que ma propre mère depuis deux ans (et souvent dans des trucs qu’on a envie de couper au bout de vingt minutes), et qui joue globalement le même rôle à chaque fois. Autant dire que je partais avec un sacré a priori.
Et pourtant… le film est bien plus fin, drôle et sentimental que ce à quoi je m’attendais.
Malgré ça, je ressors avec un petit sentiment de gâchis. J’ai l’impression qu’ils ne sont jamais allés au bout de leurs idées. La thématique abordée à travers le personnage d’Isma est forte, mais elle est survolée. Toutes les scènes sont bonnes, bien écrites, bien jouées, mais on reste constamment à la surface. On effleure le sujet sans jamais vraiment le creuser.
Même chose pour cette réplique très parlante : « C’est comme ça ici, on encaisse et on ne dit rien. » Il y avait un vrai truc à faire autour de la masculinité toxique qui règne dans les cités, de la difficulté à parler de ses émotions, surtout dans un environnement social compliqué. Et pourtant, le film n’ose jamais vraiment s’y confronter frontalement.
L’idée du psy est intéressante, presque prometteuse, mais elle est sous-exploitée. La seule “analyse” qui en ressort, c’est un « Merci, ça vous fera 80 € ». À aucun moment la thérapeute ne creuse, ne met le doigt sur quelque chose de plus profond. Un écho assez ironique au film lui-même, qui préfère rester en surface plutôt que d’aller gratter là où ça ferait un peu mal.
Heureusement, la relation avec Laura Felpin fonctionne très bien. On sort des cadres trop classiques, même si quelques clichés subsistent. Et puis il y a prestation du ROI Tranié. Absolument hilarant du début à la fin.
L’amour, c’est surcoté est donc une bonne surprise, mais aussi une occasion manquée. Un film sincère, parfois touchant, souvent drôle, qui avait tous les ingrédients pour être vraiment marquant… mais qui s’arrête juste avant d’oser dire quelque chose de vraiment fort.