Il s'agit du premier film de requin français, rien que ça. Les frères Boukherma propose ici une relecture des Dents de la Mer, mais implanté dans la ville de La Pointe dans le département de la Gironde (les réalisateurs souhaitant ancrer leur histoire dans leur région natale). Si comme l'affiche tend à le montrer le film affiche des moments de comédies absurdes qui feront sourire, c'est rapidement vers un drame certain que le scénario se dirige. Au-delà de reprendre le schéma habituel du légendaire film de monstre de Spielberg, L'Année du requin fait explicitement un parallèle avec le gestion de la pandémie de covid-19 et tous les comportements sociétaux qui en ont découlés (réfractaires, complotisme, colère, ...). La musique colle bien à l'ambiance festive estivale et au moment de tension.
Ce qui fait le charme de ce film c'est son côté réaliste. En plus de tourner dans le Sud Ouest, des acteurs non professionnels locaux participent au film. Cela donne des répliques du terroir qui feront forcément décrocher un sourire (je pense notamment au narrateur).
Les frères Boukherma ont le mérite d'avoir des têtes d'affiches efficaces. Marina Foïs qui porte le film est parfaite dans son rôle de gendarme maritime à l'aube de sa retraite. Le personnage de Kad Merad est vraiment touchant et sensible. Jean-Pascal Zadi fait le café.
Le requin mécanique du film est limité dans ses mouvements. Dieu merci ce n'est pas aussi catastrophique que ceux des Dents de la mer 3 et 4. Le film ayant un petit budget je ne chipoterais pas sur cet aspect. Cela sera toujours mieux d'utiliser un animatronique (je souligne l'effort) qu'un animal en effets spéciaux.
Mais je suis resté sur ma faim. J'ai trouvé que par moment le rythme du film retombe. L'histoire se termine aussi de manière très conventionnelle. Outre l'ancrage réaliste local, je ne trouve pas que le long-métrage apporte grand chose au film de requin sinon une lettre d'amour qui se tient bien. Il ne me laisse pas un souvenir mémorable. Peut-être est-ce le ton métamorphe du long-métrage qui m'a décontenancé.