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Fan-Docu
Superficiel, mais divertissant : du docu télé fait dans le respect et l'amour de son sujet, en en reprenant le style et quelques coquetteries visuelles. Pas grand chose à retenir toutefois dans ce...
le 2 juil. 2025
Stephen King, Keanu Reeves, la saga Mad Max. Chaque nouveau documentaire de Julien Dupuy gagne en qualité mais, pour peu que vous vous intéressiez déjà aux sujets abordés, vous n'y apprendrez pas forcément grand chose de neuf. Prendre son travail de documentariste sous ce seul angle relève pourtant de l'injustice.
Le format 52 minutes est ingrat. Quel que soit votre sujet, le résultat est par essence générique. Pour dépasser cette contrainte, Julien Dupuy, encore plus que pour Stephen King : le mal nécessaire et Keanu Reeves, messie pop, mise sur la forme. Passionné par l'industrie des effets spéciaux et des effets visuels, il fait honneur à ces artisans lorsqu'il met la main à la pâte. L'intro, splendide, recréée ainsi en quelques plans l'atmosphère aride de la saga.
Plus spectaculaire, on croise un authentique V8 piloté par un comédien attifé comme Max. Filmé et éclairé amoureusement, ce monstrueux accessoire prêté par l'équipe de Last V8 via l'entremise de Melvin Zed (auteur de livres somme sur Mad Max) donne une idée du soin apporté à la narration visuelle du docu. Les incrustations et animations sont de la même eau, en particulier lorsque sont superposées les silhouettes de Max et du cochon Babe, pour mettre en parallèle leur récits. Cette courte partie est la meilleure, car la plus frustrante : c'est une brèche ouverte sur une étude du héros selon George Miller, sujet qui mérite un docu entier.
Journaliste chez Mad Movies jusque début 2007, Julien Dupuy intervient régulièrement dans Capture Mag, media indépendant fondé par un de ses anciens collègues de Mad, Stéphane Moïssakis. Dupuy, durant ses années à Mad, faisait preuve de la même franchise qu'aujourd'hui chez Capture, n'hésitant pas à qualifier The Fountain de "pensum new age" ou encore à décrire Emprise de Bill Paxton comme un "film d'intégriste".
Ces souvenirs de lecteur sont un détail, mais cet esprit critique fait tout le prix de L'Apocalypse selon Mad Max. C'est un regard de sincère passionné, pas de fan aveugle. Le passage de flambeau entre Gibson et Hardy, si commenté par les fans, ne donne lieu ici à aucun débat idiot sur qui est le "vrai" Max. Ce changement d'acteur est plutôt mis en perspective avec le retrait de Max Rockatansky de son propre récit, au profit de Furiosa, pendant que le montage d'Olivier Galliano nous renvoie à une intervention de George Miller expliquant l'importance pour un mythe de se renouveler, s'il veut survivre aux changements d'époque.
En parlant de montage, je regrette qu'il ne soit jamais fait mention de Margaret Sixel, géniale monteuse de Happy Feet, Trois mille ans à t'attendre et des deux derniers Mad Max. La résurrection de la saga en 2015 doit beaucoup à cette dame. Mais à côté de ce manque, Julien Dupuy laisse la parole à Norma Moriceau, cheffe costumière de Mad Max 2 : le défi. C'est son approche géniale qui a défini le look punk de la saga depuis les années 1980, et c'est donc peu dire que l'archive avait sa place dans un docu en 2025.
Qualité supplémentaire, ces 52 minutes rappellent l'importance de Byron Kennedy, associé de George Miller depuis ses débuts. L'homme étant décédé pendant la production du troisième Mad Max, entendre sa voix a quelque chose de très émouvant.
Stephen King était un trop gros sujet pour tenir en 52 minutes. La carrière de Keanu Reeves s'y prêtait bien davantage, mais ce réjouissant portrait cédait, lors de son épilogue, à la déclaration d'amour béate. L'Apocalypse selon Mad Max trouve l’équilibre entre fond et forme.
Certes, quiconque s'intéresse à George Miller est déjà au fait des liens, passionnants, qui unissent Mad Max, Babe et Happy Feet, ainsi que du premier métier de George Miller, médecin. Mais il y a un monde entre savoir ces choses et les synthétiser activement, les rendre si homogènes et divertissantes.
Très agréable à suivre pour le connaisseur, L'Apocalypse selon Mad Max est aussi une porte chaleureusement ouverte au grand public, qui se régalera à découvrir les coulisses et enjeux thématiques de cet univers. Ainsi, le docu est limpide et captivant même pour qui n'aurait jamais vu un making of de sa vie ni entendu parler de Joseph Campbell. Et ça, nom de Dieu, c'est le plus noble objectif que puisse atteindre un critique de cinéma.
Dispo' jusqu'au 27/09 : https://www.youtube.com/watch?v=LY22Zprey6Y
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le 5 août 2025
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