Après avoir gagné le respect suite à sa Malédiction (1976), Richard Donner s'est illustré dans le cinéma d'action et d'aventures. Il connaît de gigantesques succès en tentant de dé-ringardiser Superman (1978) puis avec Les Goonies (1985), film phare pour de nombreux enfants d'une génération. Après ce dernier il enchaîne sur L'Arme fatale.
Dans cette comédie policière, la brigade de Los Angeles forme un nouveau tandem dépareillé, lancé sur une affaire de suicide. Roger Murtaugh (Danny Glover) est un père de famille préparant ses vieux jours et aspirant à la tranquillité ; Martin Riggs est un fou furieux auto-destructeur, dont les audaces, voir l'inconscience et la rage, fournissent en général des résultats fracassants. Ce rôle va profondément marquer la carrière de Mel Gibson, devenant alors l'acteur fétiche de Donner (Complots, Maverick).
Ultra-typé et ancré dans son époque (costumes, effervescence et décontraction 80s), L'Arme fatale 'ose' beaucoup pour un film grand-public de son calibre. Le langage est cru, le suicide inaugural s'accompagne de quelques gratifications érotisantes, l'entrée de Gibson se fait cul nu face caméra. En vertu des dérangements de ce bohémien, le film prend volontiers une tournure assez sombre. La violence est rude, jusqu'à aboutir à des scènes de torture, certes survolées et vite digérées.
Le bougisme paie, les provocations sont désenflées, au prix parfois de la congruence (bagarre finale mal justifiée). Classique dans son registre, ce film d'action ouvre une vague de buddy-movies sévissant dans les blockbusters US des années 1980 et 1990. Il engrange des recettes phénoménales qui motiveront trois suites, avec le même réalisateur, le même tandem et Joe Pesci à la place de Gary Busey. Le niveau chutera tout le long de la saga mais la marque ne fera que se renforcer.
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