Lethal Weapon : Un excellent buddy movie révélant le scénariste Shane Black

1987, en plus d’être une année cinématographique fabuleuse, fut assurément la révélation de Shane Black, en tant qu’acteur dans le Predator de John McTiernan mais surtout en tant que scénariste à suivre dés Lethal Weapon. Depuis, il est considéré comme un spécialiste dans l'écriture du buddy movie efficace à Hollywood. Du côté de ses réalisations, après son premier essai très plaisant (Kiss Kiss Bang Bang), c'est beaucoup moins glorieux surtout lorsqu'il touche à des franchises (Marvel ou Predator). Après avoir abordé ce qui fâche dans sa carrière, je reviens au film qui nous intéresse, ici. Dès cette péloche, il aborde ses obsessions devenant ses gimmicks au fil de ses œuvres : Noël pas forcément festif, le suicide (The Last Boy Scout pour les 2), l’univers de la pornographie (The Nice Guys), la déclinaison de son genre de prédilection à toutes les sauces (Last Action Hero, Au revoir à jamais…).


Dès celui-ci, il propose une inversion de la caractérisation des personnages ayant contribué à la naissance du genre, ceux de 48 heures. C’est une révolution dans le cinéma hollywoodien, car ici, le noir, expérimenté, fait partie de la middle classe. Il est intégré socialement et professionnellement, ayant une famille et une belle résidence. Ce n’est plus un énième délinquant ou marginal, en bas de l’échelle sociale, comme Eddy Murphy dans le film de Walter Hill. Ce rôle est à la fois une référence et une évolution du personnage de Sidney Poitier (encore un policier) dans La chaleur de la nuit où l’acteur obtint son oscar, en interprétant un personnage principal non caucasien et non grimé. Il est joué par Danny Glover dont chacun de ses rôles laisse une forte impression sur les spectateurs depuis Witness jusqu’ à La couleur Pourpre. C’est un des aspects expliquant l’engouement pour l’Arme Fatale. Ce n’est pas pour rien qu’elle deviendra par la suite une saga culte de 4 épisodes, tous réalisés par Richard Donner. Fait exceptionnel car il a été, à l’origine, d’autres sagas mythiques comme La malédiction et Superman.


Mais là où ce buddy movie entre dans la légende, c’est l’association de Danny Glover avec Mel Gibson, tout juste sorti de sa fameuse trilogie Mad Max, dans la peau de son jeune équipier, une sorte de chien fou survolté ayant des tendances suicidaires. Il vole presque la vedette à son partenaire malgré une complicité évidente à l’écran. Shane Black leur a concocté des répliques, non sans humour, faisant mouche à chaque fois dont la célèbre :



Je suis trop vieux pour ses conneries.



Du côté des bad guys, on est gâté avec Gary Busey au top de sa forme, à ce moment là, en mercenaire sadique avec son sourire carnassier. On retrouve même Tom Atkins, un habitué des productions de Big John, dans un rôle trouble. Et pour les plus attentifs, ils remarqueront la présence du cascadeur/acteur Al Leong, ayant aussi joué dans Piège de Cristal, se permettant de faire des misères à Martin Riggs.


C’est le film de la saga assumant le mieux la violence et la crudité de l’univers exploité jusqu’au final sous la pluie, avec des scènes d’action efficaces et des courses poursuites haletantes. Les scénaristes pousseront le curseur de l’action toujours plus loin à chaque épisode. Richard Donner impose par sa mise en scène, sans fioriture, et sa direction d’acteur impeccable ce buddy movie comme une référence immédiate.


Musicalement, je ne peux pas passer à côté du fait de mentionner son compositeur incontournable dans les années 80 : Michael Kamen proposant une bande originale excellente, grâce à sa collaboration avec Eric Clapton. J’apprécie son style qui sera toujours associé, pour moi, à cette saga et à celle de Die Hard.


Il est amusant de constater la présence d’un slogan engagé pour l’époque (fin des années 80) sur le frigo dans la maison de Richard Murtaugh : Free South Africa, End Apartheid. En effet, il fait écho au côté militant de l’acteur interprétant ce personnage. Cela est d’autant plus étonnant que ce thème reviendra de manière plus flagrante dans le second épisode. Cela apporte une certaine modernité, avec un côté contestataire appréciable, à cette saga faisant incontestablement partie de celles que je préfère.

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le 2 nov. 2021

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Hawk

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