Circulez, y'a pas grand-chose à voir
Autant le dire tout de suite : L'Art de la Fugue est un film assez raté.
Et pourtant, il y avait matière à pas trop se planter. Casting plus que correct (Lafitte, Bedos, Biolay, Marchand, Barrault, Jaoui, Putzulu, y'a vraiment pire), précédent film du réal (De Particulier à Particulier, 2006) pas mauvais, histoire classique mais qui aurait pu donner lieu à une petite comédie douce-amère sur la peur de s'engager quelque soit sa façon d'être, mais bizarrement il y a un bug dans la matrice qui fait ne rien ne fonctionne.
Première chose qui saute aux yeux : le casting. Comme je disais plus haut, on a ici un casting que bien des réalisateurs aimeraient avoir. Et pourtant, Brice Cauvin n'en fait rien, ne sachant pas comment les diriger, on se retrouve avec des cabotins (Lafitte, Jaoui, Marchand) ou des qui sous-jouent (Barrault, Biolay) ou des qui ne jouent même pas (Elodie Frégé, oui oui), le seul étant à peu près potable étant Nicolas Bedos.
Ensuite, le scénar. On est face ici à un film-chorale, et ce genre de film requiert quand même une certaine rigueur pour harmoniser les différentes intrigue, pour pas que ca sonne trop balourd. Par exemple, on peut dire ce qu'on veut du cinéma de Danièle Thompson (qui aurait pu parfaitement mettre en scène ce film), mais c'est une des seules à pouvoir écrire et réaliser ce genre de film au pays du camembert. Eh bien ici, les intrigues sont accolées à la vas-y-comme-je-te-pousse, mises au pinnacle par un montage des plus grossiers, jamais fluide. Et quand aux dialogues, on est ici tellement à la recherche du bon mot qu'on ne le trouve jamais, rendant le tout pas très drôle.
Vous empaquetez tout cela dans une mise en scène purement sommaire (on est dans du champ-contre champ ici) et une musique qui ressemble à du Vivaldi de Prisunic et ca y est, le tour est joué.
En l'état, L'Art de la Fugue aurait pu être un très bon téléfilm France 2.
Mais au final ce n'est juste qu'un film assez mauvais.