A ne pas confondre avec l'ignoble nanard qu'est l'Associé du Diable (1997) de Taylor Hackford, avec Keanu Reeves en avocat benêt et Al Pacino en satan trop marrant, l'Avocat du Diable (1993) de Sidney Lumet reste un très convaincant face-à-face sur fond d'affaire judiciaire. D'un côté du ring, la trop rare Rebecca de Mornay en avocate aux dents un peu trop longue ; de l'autre, le trop rare également Don Johnson, dans un rôle de manipulateur féminicide totalement à contre-emploi de notre éternel Sonny Crockett.
Si on a peu de doute dès le départ sur la culpabilité de ce dernier, parfait en séducteur poisseux et phallocrate , la plongée aux enfers de l'ambitieuse juriste reste bien rythmé, de déconvenues en déconvenues alors qu'elle tente de se débarrasser de ce client de plus en plus envahissant, et de plus en plus dangereux. La mise en scène, très classique, a sans doute un peu vieilli (autant que la coupe de cheveux bouclés et la moustache de Stephen Lang) et la musique signée Howard Shore est assez insipide, mais ce petit thriller psychologique ne devrait pas laisser indiffèrent les amateurs du genre, jusqu'à la chute finale, et Don Johnson incarne un "diable" plus humain et plus effrayant que le grand Al dans son numéro de cabotin.