Ce n'est que très récemment que j'ai entendu parler de ce film, pourtant sorti il y a maintenant 36 ans, comme d'un film fantastique terrifiant à voir absolument.


Je n'ai volontairement lu ni synopsis ni critique avant de le regarder, histoire de découvrir le film sans le moindre a priori. Et au final, c'est une plutôt bonne surprise. On y ressent une petite influence lovecraftienne et, rétrospectivement, on ne peut s'empêcher de penser à Silent Hill, tant certaines images et certaines ambiances semblent en être les prémices. À se demander, d'ailleurs, si le film n'a pas inspiré la saga vidéoludique.


Nous suivons Jacob, un rescapé de la guerre du Vietnam, qui sombre peu à peu dans la folie. Car au-delà de l'horreur vécue dans la jungle, c'est peut-être l'après-guerre qui constitue le véritable champ de bataille : celui que l'on mène contre soi-même et contre un esprit définitivement écorché.


Le film alterne ainsi entre quotidien et visions horrifiques, brouillant progressivement la frontière entre les deux. Et c'est justement dans ces séquences de cauchemar que le film trouve, à mon sens, une bonne partie de sa réussite. Certaines idées visuelles sont franchement dérangeantes, surtout lorsqu'on replace le film dans son époque, et échappent encore aujourd'hui à quelques-uns des clichés du genre.


Impossible de ne pas évoquer la scène d'ouverture, qui pose immédiatement le décor et m'a personnellement fait entrer dans le film.


Jacob est assis dans un compartiment de métro vide, sale et sombre. Les néons clignotent, des canettes et autres détritus jonchent le sol. Il se lève et passe dans le compartiment voisin, où une vieille femme est assise tandis qu'un SDF est allongé sur une rangée de sièges un peu plus loin.

Jacob demande à la femme s'ils n'auraient pas dépassé sa station, puisqu'il s'est endormi. Elle le regarde. Elle le fixe. Mais ne répond rien.

Après plusieurs secondes de silence, comprenant qu'il n'obtiendra rien d'elle, Jacob avance vers la sortie, à côté du SDF, qui semble de plus en plus agité. Puis, juste avant l'arrivée à la prochaine station, il aperçoit quelque chose qui frétille sous le manteau de l'homme : une sorte de tentacule qui semble sortir de nulle part.

Jacob descend immédiatement à la station suivante.

Elle est tout aussi vide, sombre et glauque. La station est fermée et il n'a d'autre choix que de traverser les voies pour rejoindre la sortie en face. Les rails sont inondés et des formes semblent se mouvoir dans les flaques. Il avance tant bien que mal quand, soudain, un métro passe à toute vitesse et manque de le percuter.

Et pendant une fraction de seconde, Jacob aperçoit des dizaines de visages collés aux fenêtres, tous tournés vers lui.


Voilà. Le ton est donné.


Le film nous plonge immédiatement dans une ambiance poisseuse, malsaine et profondément atypique. Il y a quelque chose de presque cauchemardesque dans cette manière de ne jamais savoir exactement où l'on se trouve, ni ce qui est réel.


Parce que oui, le film n'est pas parfait. Le spectateur peut parfois se retrouver aussi paumé que Jacob entre rêve, hallucination et réalité. Mais difficile de lui en tenir véritablement rigueur : après tout, nous sommes littéralement enfermés dans son esprit, et cette confusion fait partie intégrante de l'expérience.


En revanche, j'ai été un peu plus réservé sur la conclusion. Elle fonctionne dans son principe, mais j'aurais apprécié qu'elle soit amenée de manière un peu plus explicite. Une fin légèrement plus limpide aurait, à mon goût, permis de mieux faire retomber tout ce qui avait été construit auparavant.


Une très bonne découverte malgré tout. Un film horrifique qui ne mise pas uniquement sur les jumpscares ou le gore, mais sur une atmosphère poisseuse et une plongée dans la psyché d'un homme complètement brisé.


7,5/10

Synopsys
7
Écrit par

Créée

il y a 6 jours

Critique lue 2 fois

L'Échelle de Jacob

L'Échelle de Jacob

3

Torpenn

le 17 juin 2013

Suivre

Péché de Genèse

Fidèle à leur passion pour le Vietnam et les traces indélébiles qu’il a pu laisser dans le crâne des vétérans, Mario Kassar et Andrew Wajna en remettent une couche huit ans après Rambo et ont la très...

L'Échelle de Jacob

L'Échelle de Jacob

8

guyness

le 13 avr. 2011

Suivre

Starway to Heaven

Quand on est un poil fan de cinoche, on s'attache aux carrières des réalisateurs. Souvent, ça ne trompe pas: c'est soit plutôt très bon (bon, on admet les erreurs de parcours hein ?) soit...

L'Échelle de Jacob

L'Échelle de Jacob

8

Pipomantis

le 26 juil. 2010

Suivre

MIEUX QUE LE FILM SILENT HILL OLOLOL.

Et pourtant je l'aime beaucoup le film Silent Hill. Mais bon, il n'arrive juste PAS à la cheville de Jacob's ladder, film ayant influencé la saga vidéoludique de telle manière que c'est...

American History X

American History X

7

Synopsys

le 2 sept. 2026

Suivre

Une bombe à 15 ans, un pétard mouillé à 38 ?

Il y a des films qu’on découvre à un âge où ils vous marquent au fer rouge. American History X fait partie de ceux-là pour moi.Je devais avoir 15 ans lorsque je l’ai vu pour la première fois et j’ai...

Blue Velvet

Blue Velvet

8

Synopsys

le 1 sept. 2026

Suivre

"Bluer than velvet was the night"

Pas de doute, on est bien face à un pur film lynchien, et je dirais même qu’on y sent déjà les prémices de Twin Peaks : la musique lancinante d’Angelo Badalamenti, les effets sonores saturés qui...

L'Échelle de Jacob

L'Échelle de Jacob

7

Synopsys

il y a 6 jours

Suivre

Metro, boulot, PTSD

Ce n'est que très récemment que j'ai entendu parler de ce film, pourtant sorti il y a maintenant 36 ans, comme d'un film fantastique terrifiant à voir absolument.Je n'ai volontairement lu ni synopsis...