Remake d'un film méconnu de Robert Hamer, voici une petite comédie américaine fort plaisante, qui laisse toutefois pas mal de regrets au final, en raison de son gros potentiel, en partie gâché par un manque d'ambition et quelques mauvais choix.
En effet, Todd Philipps dispose d'une idée de départ peu originale mais toujours efficace, d'un casting alléchant (depuis la série "Fargo", on a pris conscience du formidable pouvoir comique de Billy Bob Thornton), et d'un scénario prometteur, mais le réalisateur ne parvient pas à transcender ces ingrédients de qualité pour signer la grande comédie populaire qui se dessinait.
La plus grosse lacune réside dans le manque d'approfondissement des personnages (celui de Thornton donc, mais aussi ceux, pourtant prometteurs, de Michael Clarke Duncan, de Sarah Sivermann, puis de Ben Stiller en seconde partie de métrage, qui se contente d'un caméo amélioré).
De même, le love interest du héros, interprétée par l'australienne Jacinda Barrett, au potentiel comique certes bien moindre, ne bénéficie d'aucun développement pertinent, restant tout du long la jolie fille lambda, qui change d'avis à la fin de façon à peu près inexplicable.
De la même manière, le récit souffre d'un défaut d'écriture : les évènements s'enchaînent un peu vite (ce qui offre au moins au film un rythme soutenu qui évite d'éventuels temps morts), mais on sent bien que certaines situations source de drôlerie auraient gagné à être étoffées. A l'inverse, une séquence comme celle du tennis s'étire inutilement pour proposer trois fois le même gag éculé.
Malgré toutes ces petites insuffisances, il faut souligner que "School for scoundrels" (bêtement traduit par "L'école des dragueurs" en VF, "scoundrel" signifiant "crapule") reste une comédie de bonne facture, qui n'ennuie jamais et offre son quota de rires dans une atmosphère générale sympathique. La séquence du paintball s'avère sans doute la plus jouissive en terme de gags, mais chacun des losers inscrits au cours du Docteur P, interprétés par des comédiens-humoristes tels que Jon Heder (le héros), Matt Walsh, Jon Glaser ou Aziz Ansari, apporte sa pierre à l'édifice comique à un moment ou à un autre.
"School for scoundrels" apporte donc une nouvelle preuve de la capacité de Todd Philipps à proposer des comédies grand public plutôt efficaces, depuis le culte "Road trip" lors de ses débuts à la réalisation, jusqu'au grand succès de l'inégale trilogie "The hangover".